Vallée de la Bellemeuse et du Mincée

Résurrection d’une vallée ardennaise

La Bellemeuse prend sa source dans les tourbières du plateau des Tailles, à quelques 600 m d’altitude. Ce ruisseau capricieux a formé une vallée profonde en U au cœur de l’Ardenne orientale. Traversant les villages de Wibrin, Bérisménil, Mormont et Nadrin, sa vallée est le repère d’une riche biodiversité.

Un LIFE Nature salvateur

Dans les années septante, la mode ardennaise était à l’enrésinement. Le ruisseau n’y a pas échappé : tout son cours fut planté d’épicéas. Dans le sombre désert de l’exploitation forestière, la Bellemeuse a vu sa richesse naturelle décliner drastiquement. Puis en 2006, le projet LIFE Plateau des Tailles a rendu vie au ruisseau. La plupart des parcelles de la vallée ont été acquises et dotées du statut de réserve naturelle. Après élimination des épicéas, la nature a repris ses droits.

Reconnexion de papillons

Un cortège d'espèces de plantes remarquables se retrouve aujourd’hui sur le site : diverses espèces d’orchidées, la wahlenbergie, la succise des prés ou encore la bétoine. On y revoit aussi la cigogne noire, la pie-grièche écorcheur et le milan royal. Dans les anciennes prairies de fauche, la renouée bistorte forme au printemps de superbes tapis de fleurs roses. Ces quelques ares préservés de l’enrésinement abritaient encore de petites populations de papillons devenus rarissimes en Wallonie, comme le nacré et le cuivré de la bistorte. L’ouverture de la vallée sur plusieurs kilomètres a permis à leurs populations résiduelles de se reconnecter et de recouvrer leur dynamique naturelle.

Une équipe de gestionnaires plutôt particulière

Éliminer les épicéas ne suffit toutefois pas à restaurer durablement la vallée. L’entretien du milieu est indispensable pour éviter qu’il s’embroussaille et se referme avec le temps. Chaque année à la fin de l’été, les volontaires se rassemblent donc pour faucher et ramasser le foin sur les parcelles les plus sensibles. Un cheval de trait ardennais est mobilisé au grand plaisir des participants ! Autre auxiliaire inattendu à ces travaux de gestion, le castor a colonisé toute la vallée. Ses multiples ouvrages d’hydro-ingénierie permettent d’accroître encore le potentiel d’accueil de la réserve pour la nature et la biodiversité.

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