Aux Roches

Le souffle méditerranéen du bassin liégeois

En bord de Meuse, à quelques kilomètres de Liège, où se situe la réserve, urbanisation et industrie lourde se partagent le moindre lopin de terre. Le site lui-même est issu d’anciennes exploitations de pierre calcaire, aujourd’hui recolonisées par une flore que l’on connaît mieux en bordure méditerranéenne.

Chokier, village très chaux

Le village de Chokier, au pied de la réserve, est lié à l’exploitation du calcaire depuis l’époque romaine. Vers 1830, il compte cinq fours à chaux, dont l’un subsiste encore à l’entrée de la réserve. Aux Roches est ainsi composée de trois anciennes carrières. La plus récente, encore en activité dans les années 1950, est définie par d’imposantes falaises rocheuses qui plantent le décor : grandiose ! Un chemin traverse le fond plat et régulier où s’est installé un maigre tapis végétal sur le socle rocheux. Seuls quelques mousses et lichens ont pu s’adapter aux exigences du milieu.

Un site quatre étoiles pour le botaniste !

Là où une végétation rase a su s’ancrer, elle étonne par sa singularité. Hélianthème des Apennins, hippocrépide en ombelle, fétuque des rochers, laitue vivace : ces quelques espèces méridionales se trouvent ici à leur limite de progression vers le nord. Des arbustes à l’écorce sombre et aux branches tourmentées se développent un peu partout, y compris sur les versants les plus pentus. Il s’agit du bois de Sainte-Lucie, appelé aussi faux merisier.

Le grand-duc et le pèlerin

Une vaste plaine dégagée et une imposante falaise, au pied masqué par de jeunes saules et bouleaux, composent la deuxième carrière. Ici, le hibou grand-duc a élu domicile et y côtoie le faucon pèlerin. À l’extrême nord de la réserve, la troisième carrière s’étend derrière la ville de Flémalle. Entièrement recolonisée par la forêt, elle est laissée en réserve intégrale : aucune intervention de gestion n’y est menée. Aux Roches a été l’un des sites d’action du projet LIFE Hélianthème qui, en reconnectant des zones de pelouses et de rochers isolés, a pérennisé l’intérêt écologique du site.

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