Une vallée à protéger

Une vallée à protéger

Natagora a une superbe opportunité d'acheter cinq hectares de terrain en bord de Houille, pour relier deux espaces déjà protégés. Ils comprennent des épicéas, à couper pour retrouver les paysages d'antan, une prairie sèche, et une zone située en bord de ravin, plus marécageuse. De beaux touradons de carex y ponctuent un bois assez éclairé. Dans les zones les plus humides, des sphaignes apparaissent, jusqu'à composer de véritables tourbières, où l'on retrouve notamment la très rare wahlenbergie.

Didier, déjà douze ans à protéger le massif de la Croix-Scaille

Chez Natagora, j’ai commencé à la Croix-Scaille en 2008, et je ne l’ai jamais quittée. Quand je travaille sur d’autres projets, je garde toujours un pied sur le massif. Ancien forestier, j’ai vu la gestion forestière s’intensifier, et j’en ai eu marre de faire de la production. Je me suis tourné vers la protection de la nature. Et j’ai été engagé comme le tout premier agent de terrain de Natagora. Au début, on travaillait à la passion, avec du matériel limité.

Je suis un technicien, mais naturaliste dans l’âme. J’aime l’écologie : les relations entre les espèces, la biogéographie. Plutôt que de cocher des
espèces rares, je préfère étudier les associations végétales. En connaissant ça, on peut facilement gérer les milieux, on fait moins d’erreurs. Ma première priorité, c’est rendre sa place à la nature. La boulaie tourbeuse, l’aulnaie alluviale, ces types de milieux sont superbes, on peut les faire revivre en vallée de la Houille. On pourrait même avoir de la chênaie. Le potentiel est exceptionnel, il y a beaucoup de pessières très jeunes qui permettront un accès rapide aux anciennes banques de graines une fois les épicéas enlevés. Les résultats seront visibles très vite.

J’aime le côté sauvage de la réserve. La faible démographie de la région offre un super potentiel naturel. Le castor, par exemple, y a toute sa place. Il ne nuit à personne parce que ce ne sont pas des milieux productifs. Je rêve de faire des sentiers d’interprétation, on a des milieux exceptionnels pour ça. On a commencé à travailler ici en 2007, avec le projet LIFE Croix-Scaille. Tout était planté d’épicéas. Aujourd’hui, on a une diversité de faune et de flore exceptionnelle. À l’échelle de développement des écosystèmes, 12 ans, ce n’est rien. Mais on a des résultats de dingue. Ça donne envie de continuer, non ?

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