Une nouvelle espèce d’abeille observée en Belgique
Chez Natagora, nous étudions la faune et la flore en Wallonie et à Bruxelles pour mieux la protéger. La découverte de l’andrène de l’alysse, une abeille rare dans toute son aire de répartition, questionne nos experts. Elle met également en lumière l’importance des programmes LIFE pour le suivi et la préservation des espèces.
En avril, Hubert Baltus et Thibaud Vandaudenard, deux entomologistes de Natagora engagés sur le projet LIFE Belgium for Biodiversity (B4B), entreprennent de visiter les nouvelles restaurations réalisées dans la réserve naturelle domaniale de la Vallée de Laclaireau près de Ethe en Gaume. Ils y découvrent une espèce d’abeille alors inconnue de Belgique : l’andrène de l’alysse (Andrena tscheki). Cette abeille fréquente les zones sableuses dans lesquelles elle fait son nid. C’est une espèce oligolectique, c’est-à-dire qu’elle ne récolte le pollen que d’un petit nombre de fleurs bien déterminé, ici uniquement sur des plantes de la famille des Brassicacées.
Les raisons de la découverte de cette espèce en Belgique ne sont pas encore claires. L’andrène de l’alysse fréquente habituellement l’Europe centrale jusqu’au nord de la Méditerranée. Elle est considérée comme rare dans toute son aire de répartition. Les plus proches populations connues sont dans le Rhin en Alsace et en Allemagne. A l’heure actuelle, on ne sait pas comment se porte cette espèce en Europe ni même si elle est influencée par les changements climatiques.
Cette découverte importante a été rendue possible grâce aux actions conjointes que Natagora mène dans deux projets LIFE : le LIFE Connexions et le LIFE Belgium for Biodiversity. Le premier a restauré de vastes pelouses sur sable calcaire dans la Vallée de Laclaireau afin de compléter un réseau important de pelouses déjà restaurées en Lorraine grâce à l’outil LIFE. Le second, donne quant à lui un coup d’accélérateur à l’amélioration de nos connaissances sur la répartition des espèces d’abeilles grâce à la réalisation d’inventaires massifs à travers toute la Wallonie.
Cette découverte est l’occasion de rappeler que l’avenir structurel des programmes LIFE, acronyme pour L'Instrument Financier pour l'Environnement, est actuellement en débat à l’Europe. La Commission envisage de le supprimer en tant que programme autonome pour intégrer ses activités dans le Fonds européen pour la compétitivité (ECF), au risque de diluer les financements. Un dossier suivi de près par nos équipes de Politique et Plaidoyer.