Natagora analyse l’impact de la vague de froid sur l’avifaune des jardins

Grive litorne

Ce 13 et 14 février, avec la complicité des milliers des compteurs de l’opération “Devine qui vient manger au jardin”, Natagora a recompté les oiseaux en Wallonie et à Bruxelles, et observé l’impact de la vague de froid sur leur comportement. Les premières analyses des données récoltées montrent une grande variabilité de réponse entre espèces.

Anne Weiserbs, ornithologue chez Natagora explique : “La très forte vague de froid de la semaine passée a démarré juste à la fin de notre grand weekend de recensement des oiseaux aux jardins du 6 et 7 février. Une sacrée coïncidence qui nous offrait une opportunité unique d’étudier la façon dont les oiseaux de jardin réagissent à un tel phénomène.”

Dans la semaine suivant l’opération Devine qui vient manger au jardin, Natagora a donc relancé sa communauté de compteurs pour un second recensement. En tout, près de 50 % des jardins ont été recomptés le weekend du 13 et 14 février, soit plus de 6000 jardins. Si les résultats doivent encore être affinés par les ornithologues de l’association, de grandes tendances se dégagent déjà.

Anne Weiserbs : “Le nombre d’oiseaux observés a chuté pendant la vague de froid. Nous sommes passés du record historique de 41 oiseaux par jardin à une moyenne plus classique de 38 individus. Par ailleurs, nous remarquons que certaines espèces se sont réfugiées dans les jardins tandis que d’autres les ont fuis.

L'espèce dont la présence s'est le plus renforcée dans les jardins est le pinson des arbres (+7% de fréquence et aussi plus d'individus).

Merles noirs, grives litornes et grive mauvis ont vu leur fréquence augmenter, voire même leur nombre total pour le merle noir. Pour les ornithologues de Natagora, cela pourrait être la conséquence d’un mouvement de rétro-migration : les oiseaux rebroussent chemin vers le sud pour échapper à la vague de froid. Il se pourrait aussi que ces oiseaux friands de vers aient déserté les prairies gelées pour gagner les jardins où les ressources alimentaires sont plus accessibles.

Les mésanges (plusieurs espèces) étaient moins fréquentes et moins nombreuses dans les jardins depuis le début de la vague de froid. Un phénomène encore inexpliqué.

Une des espèces qui a le plus disparu de notre échantillonnage de jardins depuis le début de la vague de froid est le pic vert. Cet oiseau n’a plus été observé que dans la moitié des jardins où il était signalé lors du premier recensement. Cette espèce est très sensible au gel et à l'enneigement puisqu'elle se nourrit beaucoup au sol. Elle s'est donc peut-être réfugiée temporairement dans les endroits moins gelés (fonds de vallées avec courant d'eau, friches de vallées...).

Pic vert

 

Natagora se réjouit du succès remporté par ce second recensement et remercie les participants enthousiastes pour leur contribution. Anne Weiserbs ajoute : “Ce large échantillonnage nous permet d’être sûrs de nos chiffres par rapport à la détection de phénomènes ténus et subtils comme une légère variation de fréquence d’espèces observées au jardin. La réactivité des compteurs nous a permis d’accumuler un grand nombre de données qui vont nous servir une plus large analyse de cet épisode de froid marquant, très ponctuel.”

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