Montrer du courage politique pour réconcilier agriculteurs, citoyens, nature et climat dans la future PAC !

Tracteur et agriculture

Message de l’UNAB et d’ImPAACte au gouvernement wallon : C’est l’heure de montrer du courage politique pour réconcilier agriculteurs, citoyens, nature et climat dans la future PAC !

Logos des signataires

Ce  jeudi  9  décembre,  le  gouvernement  se  réunit  pour  la  deuxième  fois  pour  discuter  la déclinaison  wallonne  de  la  politique  agricole  (PAC),  dont  les  grandes  lignes  doivent  être adoptées avant la fin de l’année. Ce plan sera historique - il va courir jusqu’en 2027, il n’y aura donc pas de seconde chance concernant les objectifs environnementaux et sociétaux que la Wallonie s’est fixée pour 2030 dans la DPR. Il n’y aura pas de seconde chance ni pour la nature, ni pour le climat, ni pour les agriculteurs eux-mêmes dans une situation très difficile.

Stop à l’instrumentalisation du revenu agricole

Le  revenu  des agriculteurs est une question centrale. Or, leur évolution défavorable montre que les soutiens directs (pour l’essentiel des paiements par hectare ou tête de bétail) sont largement inefficaces pour traiter les besoins économiques des agriculteurs et les causes sous-jacentes de la crise du secteur. La menace de statu-quo de la PAC est réelle, et cela n’apportera aucune réponse aux besoins du secteur. C’est pourquoi l’UNAB et ImPAACte dénoncent vigoureusement l’instrumentalisation, par certains partis politiques et syndicats majoritaires, du revenu comme excuse pour maintenir les moyens financiers aux outils existants dans la PAC actuelle. Nous dénonçons également la polarisation actuelle des débats entre enjeux économiques et environnementaux qui contribue à un climat délétère des débats, alors qu’il est vital de se réunir pour trouver ensemble des solutions qui marchent pour les agriculteurs comme pour la société et la planète. Les agriculteurs méritent une vraie réponse à la crise socio-économique et environnementale qu’ils traversent, et les politiques doivent l’assumer !

Pour une politique agricole et alimentaire de la transition écologique

L’UNAB et ImPAACte présentent ici un front uni d’agriculteurs et de société civile qui demande une réforme résolument engagée en faveur de la transition vers des systèmes alimentaires résilients, sains et durables. En premier lieu, le gouvernement devrait investir massivement dans les filières alimentaires qui reconnectent agriculteurs et consommateurs, en s’inscrivant dans la stratégie européenne De la Ferme à la Table. Les outils politiques à disposition sont nombreux et sous-utilisés  :  politique économique et commerciale, politique fiscale,  aides sectorielles du premier et du second pilier de la PAC... Point de salut pour les agriculteurs sans  autonomie retrouvée : non seulement il faut  relier  les  agriculteurs  à  des  marchés rémunérateurs,  mais  il  faut  aussi  les  reconnecter  aux  écosystèmes pour qu’ils puissent remplacer des achats  alimentaires  et  chimiques  onéreux  par  des  services  rendus  par  la nature.  Le gouvernement  doit  résolument  prendre le parti de booster la demande pour des produits locaux et sains et durables afin d’offrir de nouvelles perspectives économiques aux agriculteurs.

En route vers l’agriculture biologique

L’argent public de la PAC doit servir à préparer l’agriculture de demain. Il doit rémunérer, en particulier  via  les  écorégimes,  les  agriculteurs  engagés  dans  une  transition  écologique,  ou ceux qui l’ont déjà faite et qui nous rendent à tous des services indispensables pour protéger la nature, les sols, notre or bleu qui est l’eau, et la santé de nos concitoyens, comme c’est le cas notamment de l’agriculture biologique. A l’heure actuelle, nous attendons toujours une action concrète du gouvernement pour honorer la Déclaration de Politique Régionale et mettre en route le secteur vers 30% de bio en 2030 ! En tout état de cause, il est inconcevable que l’argent de la PAC continue à maintenir sous perfusion une agriculture en déficit, et à subsidier des produits qui ont un impact très négatif sur l’environnement et la santé publique.

Rebattre les cartes budgétaires pour préparer l’agriculture de demain

Car c’est bien sur les enjeux budgétaires que les partis politiques et les décideurs sont attendus au tournant cette semaine et la suivante. L’UNAB et ImPAACte, parties prenantes de  l’élaboration  du  plan  stratégique  PAC  wallon,  seront  particulièrement  sensibles  aux moyens mis en oeuvre pour mettre à la portée de tous les objectifs de la DPR ainsi que ceux du Green Deal, et demandent concrètement au gouvernement : 

  • de redistribuer plus équitablement les aides, pour cesser d’alimenter la course à l’agrandissement des exploitations et le démantèlement des paysages ;
  • d’attribuer  aux  écorégimes  30%  du  premier pilier en 2023 en  augmentation jusqu’à 40% en 2027, afin de permettre à un maximum d’agriculteurs d’entrer dans la transition et tout en planifiant un impact environnemental fort. On ne doit plus faire de mauvais compromis entre attractivité pour les agriculteurs et pertinence environnementale, il faut un budget suffisant à la transition ! ;
  • des moyens suffisants pour atteindre 30% d’agriculture biologique d’ici 2030, tant par des mesures qui soutiennent l’offre que la demande, le conseil, la recherche et surtout la promotion des produits. Les petits maraîchers bio doivent désormais être soutenus,  ainsi  que  les  légumineuses  dans  les  rotations  longues,  clé  de  la  réussite agronomique en agriculture biologique ;
  • une enveloppe pour atteindre 10% de maillage écologique en cultures et 15% en prairies en 2027, afin d’enrayer le déclin de la biodiversité et de faciliter la transition agroécologique des fermes ;
  • un  soutien  accru à l’élevage qui est lié à l’herbe, en  mettant  fin  à  la  dérogation belge qui permet actuellement de dépasser les niveaux réglementaires d’aide couplée au  bétail  sans  aucun  lien  aux  prairies  en  Wallonie,  et  en  remplaçant  et  surpassant cette  aide  par  des  écorégimes  qui  soutiennent  les  prairies  permanentes  gérées durablement par nos éleveurs ;
  • Un  objectif  climatique  en  matière  de  réduction  de  gaz  à  effet  de  serre  du  secteur agricole intégré dans le plan stratégique PAC.

 
SIGNATAIRES : Emmanuelle Beguin (Natagora), Dominique Jacques (UNAB), Monica Schuster (WWF),  Marc  Fichers  (Nature  et  Progrès),  Sébastien  Snoeck  (Greenpeace  Belgium),  Julie Van Damme (Inter-Environnement Wallonie)

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