L’hirondelle de rivage est de retour à Bruxelles

Hirondelle de rivage

Deux couples nicheurs d’hirondelles de rivage (riparia riparia) se sont installés ce printemps dans le port de Bruxelles. L’événement, qui peut paraître anodin, est en fait exceptionnel puisqu’aucune nichée n’avait plus été observée à Bruxelles depuis une quarantaine d’années.

Cette arrivée est liée à l’installation toute récente d’un double nichoir pour colonie d’hirondelles de rivage à quelques mètres à peine de ce nouveau nid (dans une cavité naturelle). C’est le système de "repasse", qui diffuse des chants d’hirondelles de rivage via de petits haut-parleurs, qui les a attirés dans cette zone. Ce dispositif, alimenté par un panneau solaire, complète l’aménagement des soixante-neuf cavités prêtes à accueillir les futurs couples.

Une première en Belgique

Les hirondelles de rivage nichent dans des cavités creusées dans les berges sablonneuses des rivières ou des plans d’eau. Elles pondent leurs œufs dans des chambres, accessibles par un tunnel d’une cinquantaine de centimètres de long. L’activité humaine et le bétonnage des berges des cours d’eau sont des facteurs de disparitions de ces oiseaux.

Les caissons-nichoirs installés à Bruxelles reproduisent artificiellement cette configuration. La technique, grande première en Belgique, est basée sur une expérience réalisée avec succès en Angleterre.

Les spécialistes espèrent que ce premier couple constitue le début du retour de la nidification des hirondelles de rivage à Bruxelles. En suivant ce couple pionnier, d’autres individus pourraient occuper le nichoir ces prochaines années. Tout est donc mis en place pour les accueillir dans les meilleures conditions.

Ce projet a été rendu possible grâce aux actions de l’asbl Escaut sans Frontières à l’origine du projet, au Port de Bruxelles qui a donné son autorisation, à la Ferme Nos Pilifs qui construit les nichoirs et financé les installations via Cap48 et la fondation Pairi Daiza, et au groupe de travail Hirondelles de Natagora qui a participé en tant qu’expert.

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L'historique : un projet double pour deux espèces d’hirondelles

À l’automne 2019 étaient posés, à l’occasion de visites de terrain, les premiers jalons du projet visant à installer des nichoirs pour deux espèces d’hirondelles au nord de Bruxelles : l’hirondelle de rivage (Riparia riparia) et l’hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum).

Pour l’hirondelle de rivage, il s’agit un double caisson (soixante-neuf cavités) sur les berges du canal, et pour l’hirondelle de fenêtre, de soixante nids artificiels sur le bâtiment de la société SILO (anciennes brasseries Meudon). La présence de la plus grande colonie belge d’hirondelles de fenêtre (plus ou moins 200 nids naturels) à quelques centaines de mètres de là, sur un bâtiment de la société Ceres (une meunerie), est de bon augure pour cette installation. L’hirondelle de fenêtre qui aime maçonner son nid sous les corniches trouvera chez SILO un bâtiment industriel présentant des caractéristiques comparables à celui de Ceres, ce qui a joué dans le choix de ce bâtiment pour y installer des nids artificiels. Un exemple aussi de cohabitation possible entre écologie et activités économiques.

En mars de cette année, ces installations se sont concrétisées, juste avant le retour des oiseaux migrateurs. Ces deux actions s’inscrivent dans le cadre du projet "Le canal, un corridor au cœur de Bruxelles" coordonné par l’asbl Escaut sans Frontières (et soutenu par la Région bruxelloise) visant à promouvoir la fonction écologique du canal, et du projet "Ferme Nos Pilifs / Cap48 / Pairi Daiza Foundation", qui soutient des actions favorables à la biodiversité sur le territoire de Neder-Over-Heembeek.

Ces deux projets fédèrent des associations soucieuses de protéger et de développer la nature en Région bruxelloise. Parmi elles, le groupe de travail Hirondelles de Natagora dont l’expertise et les conseils furent, du début à la fin, précieux pour mener à bien cette aventure. La bonne volonté et l’enthousiasme du Port de Bruxelles (propriétaire et gestionnaire de la berge du canal sur laquelle a pris place le double caisson-nichoir) et de SILO (propriétaire et exploitant des anciennes brasseries Meudon, où ont été fixés les nids artificiels) furent aussi déterminants. Soulignons enfin que les deux caissons-nichoirs ont été réalisés par des menuisiers en situation de handicap, au sein de l’entreprise de travail adapté Ferme Nos Pilifs.

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