Les résultats du Grand Recensement le montrent : il est temps de fournir aux oiseaux de nos jardins le refuge qu’ils méritent

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Le weekend du Grand Recensement des oiseaux de jardin de Natagora s’est achevé ce dimanche soir après deux journées d’observations et de découvertes pour les citoyens. Si tous les formulaires ne sont pas encore encodés, la tendance générale commence à apparaître grâce aux premiers 11.500 participants.

Tant mieux pour les scientifiques de Natagora, la douceur des températures de ce weekend aura motivé des milliers de citoyens à mettre le nez dehors pour observer les oiseaux qui leur rendaient visite. À l’heure d’écrire ces lignes, les observations faites dans près de 8 500 jardins ont déjà été enregistrées. Un chiffre qui continuera de grimper jusqu’au dimanche 8 février, date à laquelle le formulaire du recensement sera clôturé.

Un podium fidèle à nos prévisions

Mésange charbonnière

 

Pour la neuvième année consécutive, la mésange charbonnière reste à la première place du classement en termes de fréquence, avec une présence recensée dans plus de 91% des jardins. Un résultat très similaire à celui de l’année dernière pour cette espèce de mésange, qui est suivie, comme nous pouvions nous y attendre, par la mésange bleue que l’on a pu retrouver dans 80% des jardins participants. Le rougegorge familier conserve sa troisième place après avoir été observé dans près de 79% des jardins. 

Une confirmation, mais aussi une belle surprise !

Après une migration exceptionnelle de mésanges bleues en automne dernier, les citoyens ont bien observé plus d’individus dans leurs jardins cette année, sans pour autant que l’espèce ne soit présente dans davantage de jardins. En effet, l’abondance de cette espèce a augmenté de 13% par rapport à 2025, alors que la fréquence d’observation, elle, reste stable. 

La surprise concerne une toute autre espèce, beaucoup plus discrète chez nous durant l’hiver. Il s’agit du roitelet triple-bandeau, qui marque un record de fréquence cette année. Une information qu’il convient toutefois de nuancer, puisqu’il a été observé dans près d’un jardin sur 100. Il se retrouve donc bien loin derrière la mésange charbonnière, mais cela représente néanmoins une augmentation de plus de 60% par rapport à 2025.

À noter que le roitelet triple-bandeau est l’une des espèces qui a le plus étendu son aire de répartition et de nidification vers le nord ces dernières années, un phénomène probablement lié aux effets du dérèglement climatique. L’augmentation de la fréquence de cette espèce dans nos jardins s’explique donc peut-être par l’augmentation des hivernants venant du sud de la scandinavie, région dans laquelle ils n’étaient pas présents avant.

Un système qui a fait ses preuves

De nouveau, force est de constater après ce weekend, les résultats positifs qu’ont les sciences citoyennes et, dans ce cas-ci, le Grand Recensement des oiseaux de jardin. Grâce à la mobilisation de milliers de citoyens, les scientifiques sont en mesure de détecter des tendances qui ne l’avaient pas été via les observations reçues sur la plateforme observations.be, comme pour le roitelet triple-bandeau. Mais ce système permet aussi de recenser plus qu’à l’habitude des espèces en général nettement moins souvent observées.

De bonnes nouvelles qui n’éclipsent pas les inquiétudes

Merle noir

 

Comme chaque année, certaines espèces montrent des statistiques en baisse. C’est d’ailleurs toujours le cas pour le verdier d’Europe, dont la chute en terme de fréquence se poursuit. Le moineau domestique, quant à lui, suit le chemin déjà emprunté par son cousin le moineau friquet et atteint son minimum historique en terme de fréquence, mais aussi d’abondance. Autre situation inquiétante, le merle noir atteint lui aussi son minimum historique… Autrefois présent dans 9 jardins sur 10, il ne l’est plus aujourd’hui que dans 3 jardins sur 4. Ce constat suggère que ce déclin n’est pas seulement lié à l’épidémie d’un virus appelé Usutu qui a particulièrement touché les merles il y a quelques années.

Comment favoriser la biodiversité chez moi ? 

Opter pour un jardin naturel permettrait à tout un chacun de fournir gîte et le couvert à de nombreuses espèces d’oiseaux et de limiter l’utilisation de mangeoires susceptibles de véhiculer des maladies. À cet égard, de nombreux conseils sont disponibles sur le site du Réseau Nature.

Vous pouvez encore nous partager vos observations !

Les constatations expliquées ci-dessus concernent les premières tendances qui se dégagent des données déjà reçues. Les participants ont la possibilité d’encoder les observations réalisées le week-end dernier, jusqu’au 8 février inclus.

Photos : René Dumoulin, Jean-Marie Winants, Damien Sevrin