Les Bruxellois marcheront pour la friche Josaphat ce dimanche

Vue sur la friche Josaphat - Philippe Massar

Espace naturel d’une grande valeur biologique, la friche Josaphat participe à la résilience climatique de la ville et à la sauvegarde de sa biodiversité. Malheureusement, elle est menacée par un projet régional d’urbanisation. L’enquête publique a généré plus de 2000 avis critiques. La décision politique qui doit en découler n’est pas encore prise. Natagora et le collectif Sauvons la friche Josaphat organise une grande marche autour de la friche ce dimanche 13 mars, pour montrer que la nature en ville est indispensable à ses habitants. 

Le mouvement citoyen autour de la protection de la friche Josaphat ne faiblit pas. Ce dimanche, de 14h à 16h, il invite les habitants de la ville à une marche festive autour de ce site riche en biodiversité. La nature en ville est en effet très riche si on lui laisse un peu de place. La friche, vaste prairie sauvage, compte 1.100 espèces recensées, dont au moins 126 espèces d’oiseaux, 129 abeilles sauvages, 33 libellules et des papillons uniques à Bruxelles. Elle constitue également une halte migratoire de premier ordre pour les oiseaux. 

Or, le projet de Plan d’Aménagement Directeur (PAD) Josaphat risque de détruire l’essentiel de la biodiversité de la friche Josaphat. Le site est pourtant reconnu comme une zone de haute valeur biologique par la carte d’évaluation biologique du territoire de la Région bruxelloise. Et, selon le plan régional d’affectation du sol, une zone de haute valeur biologique doit être protégée : "Ces zones sont destinées à la conservation et à la régénération du milieu naturel de haute valeur biologique en ce qu'il abrite des espèces animales et végétales rares ou qu'il présente une diversité biologique importante. Ne peuvent être autorisés que les actes et travaux nécessaires à la protection active ou passive du milieu naturel ou des espèces, ainsi qu'à la réalisation du maillage vert, à la condition, dans ce dernier cas, que les actes et travaux soient compatibles avec la destination de la zone". 

Le plan actuel, daté, oppose logement et protection de la nature en ville. Or, les deux sont intimement liés. La crise sanitaire a montré que les citadins ont besoin de nature comme de pain, surtout s’ils n’ont ni terrasse ni jardin. Depuis la conception du projet Josaphat, la croissance démographique bruxelloise a été divisée par cinq (de 10.000 à 2.000 habitants par an) et la croissance scolaire marque le pas (2.354 élèves en moins en cinq ans dans l’enseignement maternel à Bruxelles). À l’inverse de ces projets surannés visant à bétonner les zones naturelles, la rénovation urbaine offre des possibilités gigantesques. Et l’essor du télétravail libère des espaces de bureaux à réaffecter.  

Eric Deplaen, administrateur Natagora : "En bétonnant les espaces verts, on crée des îlots de chaleur et des zones inondables, on appauvrit les paysages et la biodiversité, et l’attrait de la ville diminue. Cela pousse à l’exode rural et à l’étalement urbain. En 2022, est-il vraiment nécessaire de lancer les pelleteuses à l’assaut d’une des dernières friches sauvages de Bruxelles ?".

Rendez-vous : dimanche 13 mars, 14h à 16h, avenue Gustave Latinis 241.

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