Des tarins des aulnes au jardin ?

Tarin des aulnes dans un arbre

Cet hiver est marqué par un bel afflux de tarins des aulnes.  À l’occasion du grand recensement des oiseaux de jardin ces 29 et 30 janvier, les ornithologues de Natagora invitent les particuliers à ouvrir l’œil et à transmettre leurs observations. Les données recueillies permettront entre autres de chiffrer la vague en cours et de la comparer aux années précédentes.

Ce weekend, l'une des espèces à surveiller lors du grand recensement des oiseaux de jardin est le tarin des aulnes, un petit granivore d’à peine plus de 10 cm et dont le plumage est plutôt coloré chez les mâles adultes.

Cet oiseau proche du canari, bien que présent en faible effectif toute l’année dans certaines forêts ardennaises, apparaît en nombre sur tout le territoire en hiver, mais de manière fluctuante d’une année à l’autre. Le dernier "hiver à tarins" était celui de 2007-2008. Il avait alors été noté dans plus de 8% des jardins par les participants au recensement. D’autres années, il est seulement vu dans à peine plus d’ 1 jardin sur 100 !

Proportion des jardins où le Tarin des aulnes a été renseigné lors des éditions précédentes

 

Depuis le début de l’hiver, les ornithologues renseignent un nombre de tarins supérieur aux années antérieures. L’espèce est principalement observée le long des rivières, un milieu qu’elle apprécie particulièrement parce qu’il y a beaucoup d’aulnes. Se montrera-t-elle également dans les jardins ces 29 et 30 janvier ?

Pourquoi les effectifs du tarin fluctuent-ils autant ?

Les tarins se nourrissent principalement de graines d’arbres, alors que d’autres espèces de granivores s’alimentent également sur les plantes annuelles. Or, dans une région donnée, les graines d’arbres constituent une ressource d’abondance très variable d’un hiver à l’autre. Quand les conditions sont mauvaises, les arbres produisent peu de fruits. En revanche, les bonnes années, les fructifications sont massives à l’échelle de toute une région. Les tarins, pinsons du Nord, becs-croisés et consorts, qui se nourrissent dans les arbres, contrairement à la plupart des oiseaux migrateurs, ne sont pas fidèles à leur zone d’hivernage d’une année à l’autre. Ils se déplacent là où la nourriture est abondante et peuvent dès lors apparaître en grand nombre dans les régions concernées.

Comment l’observer et l’identifier ?

Comme son nom l’indique, le tarin aime particulièrement se nourrir des fruits de l’aulne, qu’on appelle "strobile", mais il ne dédaigne pas ceux des bouleaux et des mélèzes. Il s’observe souvent en bandes compactes de quelques individus à plusieurs centaines se nourrissant haut dans ces arbres, typiques des alignements arborés le long des cours d’eau. Mais il descend aussi régulièrement aux mangeoires, en petits groupes ou seul.

Tarins des aulnes mâle et femelle

 

Le mâle adulte est assez facile à reconnaître. Son plumage est un mélange de jaune, de vert, de noir et de blanc. Le jaune est surtout présent sur la face et la poitrine ainsi que dans les ailes sous forme de barres. Il porte une calotte noire sur le dessus de la tête ainsi qu’une petite bavette de la même couleur sous le bec. Les femelles sont plus ternes et moins marquées et les jeunes nettement plus striés et moins contrastés. Les barres jaunâtres ou parfois blanchâtres sont néanmoins toujours présentes mais pas de calotte ni de bavette. On pourrait les confondre avec des pinsons femelles ou des verdiers mais les tarins sont plus petits et striés.

Pinson femelle et verdier mâle

 

À vos jumelles

Les ornithologues de Natagora espèrent une participation massive au comptage hivernal des oiseaux de jardin ces 29 et 30 janvier. Les milliers d’observations réalisées par les particuliers dans leurs jardins et transmises à l’association serviront notamment à évaluer l’afflux de tarin des aulnes et à le mettre en perspective par rapport aux années précédentes.

Voir toutes les news