Des oiseaux protégés en Belgique… puis abattus à la frontière française

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Chaque année, des moyens importants sont mobilisés pour protéger les marais d’Harchies, l’un des sites ornithologiques les plus précieux de Belgique. Des habitats sont restaurés. Des zones humides sont préservées. Des espèces rares trouvent ici un refuge. Puis, en quelques heures à peine, des centaines d’oiseaux sont abattus juste de l’autre côté de la frontière française. Avec 7 autres associations, nous avons décidé d'agir ensemble. Et nous avons besoin de vous. 

Les marais d’Harchies, un joyeau naturel en Hainaut. Classés Natura 2000 et reconnus comme zone humide d’importance internationale au titre de la Convention de Ramsar, c'est un des espaces naturels de Wallonie les plus riches en biodiversité.. Entre 2022 et 2024, la Wallonie y a investi 1,4 million d’euros pour restaurer les habitats naturels, avec plusieurs millions supplémentaires apportés par l’Union européenne via le programme LIFE.

Ces investissements fonctionnent. Chaque année, des milliers d’oiseaux rejoignent le site. Mais au moment de l’ouverture de la chasse en France, des chasseurs se positionnent à la frontière belge, face à la réserve naturelle. Leur objectif : attirer les oiseaux hors du site protégé grâce à un agrainage intensif, une pratique pourtant interdite en période de chasse.

Une fois la frontière franchie, les oiseaux sont tirés

Les chiffres sont vertigineux : 480 oiseaux tués en une soirée en 2016, 613 en 2020, près de 500 encore cette année. Selon les estimations, cela représente jusqu’à 40 % de la population locale. Femelles reproductrices, jeunes oiseaux, adultes : aucun tri n’est possible dans ces conditions.

Mais le problème ne se limite pas aux oiseaux abattus. Des milliers d’autres voient leurs comportements perturbés par les tirs et la pression de chasse : abandon des jeunes, alimentation perturbée, départs migratoires anticipés. Pour certaines espèces, ces dérangements peuvent avoir des conséquences aussi graves que la destruction directe.

Ce qui se passe aux marais d’Harchies n’est pas une simple incohérence locale. La France contrevient ici à plusieurs obligations européennes et internationales, notamment liées aux directives Oiseaux et Habitats ainsi qu’à la Convention de Ramsar qu’elle a pourtant signée.

Face à cette situation, huit associations de protection de la nature ont décidé d’agir ensemble. Une lettre commune a été adressée au préfet du Nord. Une plainte a également été déposée auprès de la Commission européenne et du secrétariat de la Convention de Ramsar.

Nous avons besoin de vous

Notre demande est claire : interdire la chasse aux oiseaux et l’agrainage dans un périmètre de 1 500 mètres autour des marais d’Harchies. Une mesure minimale de cohérence pour éviter que des efforts de conservation financés par l’argent public belge et européen soient anéantis dès le passage de la frontière.

Une consultation publique est actuellement ouverte sur les conditions de chasse prévues cette année. Le préfet du Nord doit prochainement fixer les conditions de chasse pour la saison 2026-2027. Avant cette décision, une consultation publique est ouverte : les citoyens peuvent encore faire entendre leur voix.

Nous avons jusqu’au 20 mai pour demander l’interdiction de la chasse aux oiseaux et de l’agrainage aux abords des marais d’Harchies.

Comment participer ?

L’adresse mail à laquelle écrire est la suivante : ddtm-see-participation-public@nord.gouv.fr

Pour que l’email soit recevable, et non classé sans suite, ou non comptabilisé, il doit être personnel, avec des arguments qui viennent de vous !

L’email que vous envoyez peut reprendre les éléments suivants :

  • Quelques lignes d’introduction où vous vous présentez et expliquez pourquoi la situation vous touche.
  • Notre revendication principale : demander d’intégrer, dans l’arrêté régissant la chasse pour l’année 2026-2027, une interdiction de toute activité de chasse aux oiseaux dans un rayon de 1.500 mètres autour des Marais d’Harchies.
  • Des arguments contre la Chasse aux Marais d’Harchies. Nous mettons à votre disposition une série d’arguments que vous pouvez reprendre tels quels ou adapter dans l’accordéon ci-dessous.

C’est tout ! Cela vous prendra quelques minutes seulement.

Vous avez jusqu’au 20 mai 2026 à minuit pour participer à l’action.

Chaque message compte. Pour rappeler que ces pratiques sont incompatibles avec les engagements européens et internationaux de la France. Pour défendre un site naturel d’importance internationale. Et pour montrer que des deux côtés de la frontière, les citoyens refusent que des centaines d’oiseaux soient abattus chaque année à la sortie d’une réserve naturelle protégée.