Journée mondiale des martinets : le cas étonnant du théâtre Jean Vilar

Pose d'un nichoir à martinets par les entrepreneurs de la société ARTES

Ce 7 juin, c’est la journée mondiale des martinets, un oiseau migrateur menacé et protégé. L’occasion de faire le point sur un projet de rénovation peu banal. À Louvain-la-Neuve, la transformation du théâtre Jean Vilar a dû s’adapter à la présence de plusieurs nids de martinets dans le bâtiment. Un défi relevé grâce à la collaboration enthousiaste de toutes les parties-prenantes, sous l’impulsion de volontaires de Natagora.

Le théâtre Jean Vilar a entamé il y a quelques mois la reconstruction quasi intégrale de son bâtiment. Dès l'enquête publique, en 2019, le groupe de travail (GT) Martinets de Natagora a signalé la présence de cette espèce menacée et protégée dans le bâtiment, et réclamé l'implantation de nichoirs compensatoires.

Drôle d’oiseau 

Le martinet est un oiseau migrateur qui niche dans les trous et fissures des murs. On le reconnaît à sa silhouette élancée, avec deux ailes acérées comme des faucilles, qui lui permettent des prouesses aériennes époustouflantes. Cet étrange oiseau ne se pose pratiquement jamais, allant jusqu’à s’accoupler et dormir en vol. 

"À la suite de l’appel lancé par le groupe de travail, nous avons pu rencontrer les architectes du bureau bruxellois Ouest Architecture, qui ont manifesté un vif intérêt pour la cause des martinets", indique Martine Wauters, volontaire du GT Martinets de Natagora. Ils ont alors décidé d'implanter 2 briques-nichoirs à l'emplacement des nids existants, mais aussi d'en ajouter 24 autres autour du bâtiment. "Il a également été convenu de tenir compte du calendrier des martinets dans le planning du chantier."

Intervention d’urgence

En raison de la pandémie de COVID, le chantier a pris beaucoup de retard et un plan B a dû être enclenché, avec des mesures provisoires. En mars dernier, lors d’une nouvelle rencontre avec les architectes, il a été décidé de faire enlever la toiture de toute urgence, avant le retour des martinets prévu début mai, pour éviter que ceux-ci ne soient perturbés ou tués lors de cette intervention lourde. 

Nichoirs à martinets au Théâtre Jean Vilar

 

Les nichoirs temporaires, fabriqués par un ébéniste et volontaire de Natagora et placés avec le concours efficace et enthousiaste de l’entreprise de construction ARTES, ont été disposés le plus près possible des anciens nids, critère crucial pour avoir une chance de "reloger" ces oiseaux, qui sont fidèles à vie à leur cavité de nidification. 

"En parallèle, un appel a été lancé sur les réseaux sociaux pour recruter des citoyens vivant ou travaillant sur place, afin qu’ils soient nos yeux et nous signalent le retour des martinets. En effet, tout se joue dans les 10 jours qui suivent le retour de migration", selon Martine Wauters. 

Fin du premier acte. Les martinets ont pu retrouver leur site de nidification pour cette année. Qu’en sera-t-il l’an prochain ? La colonie s’étendra-t-elle ? Une chose est sûre : le groupe de travail Martinets, qui se mobilise avec passion depuis 2010 en Wallonie et à Bruxelles, suivra de près le déroulement de l’intrigue.

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