Deuxième observation depuis plus d’un siècle d'une coccinelle très rare et menacée

Publié le jeu 22/06/2023 - 10:21

Une coccinelle à vingt points, ou coccinelle des aulnes (Sospita vigintiguttata) a été identifiée grâce à observations.be en mai dernier. C’est la deuxième observation confirmée de cette espèce en Wallonie depuis 1897 et jusqu’en 2015, elle était considérée comme disparue en Belgique. Il est possible qu’une petite population soit présente dans l’aulnaie marécageuse de la réserve naturelle domaniale près de laquelle elle a été observée.

En mai dernier, Nadine Jeanty, une volontaire de Natagora habitant le village de Villers-la-Loue (Meix-devant-Virton) croit identifier une coccinelle à quatorze points (Coccinula quatuordecimpustulata) et poste trois photos de l’insecte sur la plateforme observations.be. Gilles San Martin, entomologiste au Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) de Gembloux, volontaire de Natagora et validateur de la plateforme, corrige l’erreur et identifie Sospita vigintiguttata, la coccinelle à vingt points ou coccinelle des aulnes. Une découverte de premier ordre, la coccinelle à vingt points se caractérisant en effet par une discrétion qui rend sa détection ardue.

Au début des années 2000, des recherches ciblées ont pourtant été entreprises pour essayer de la retrouver dans diverses aulnaies marécageuses, le milieu auquel elle est étroitement liée. À cette époque, la seule mention régionale connue datait de 1897, signalant cette coccinelle à La Hulpe. Mais les recherches actives par tamisage des feuilles mortes parmi lesquelles elle hiverne ne donnent aucun résultat ; la coccinelle reste introuvable. Elle est dès lors considérée comme disparue.

Présence d’une population reproductrice ?

Puis, en 2015, un individu isolé est observé dans un jardin. Le milieu n’étant pas favorable à l’espèce, il s’agit probablement d’un insecte en déplacement. La récente observation de Villers-la-Loue est plus encourageante : détecté également dans un jardin, l’individu vient probablement de l’aulnaie marécageuse de la réserve naturelle domaniale qui borde ce dernier, un milieu propice qui pourrait héberger une population reproductrice.

La coccinelle des aulnes est identifiable grâce aux dix gros points blancs ornant chaque élytre, au M barré sur le pronotum (une section du thorax qui se trouve devant les sections qui portent les pattes et les ailes) et à sa taille supérieure à 5 mm. Considérée comme très rare partout en Europe, la coccinelle des aulnes reste considérée comme menacée en Wallonie.

Photos : Nadine Jeanty