Un jardin pour les batraciens et les reptiles

Certaines espèces indigènes sont protégés. Il est donc interdit de les capturer dans la nature afin de les introduire au jardin. Si votre jardin est accueillant, ils viendront d'eux même!

Outre l'installation d'une mare naturelle, vous attirerez les batraciens au jardin en renonçant à l'usage de produits chimiques, et en ménageant quelques abris comme des pierres et des tas de bois que vous laisserez pourrir dans un coin ombragé et humide du jardin. Un compost sera également utile, tout comme la transformation de votre pelouse rase en prairie fleurie.

Les grenouilles

  • La grenouille rousse est très commune et fréquente volontiers les jardins pourvus d’une mare, pourvu qu’elle puisse trouver un coin d’ombre. On la reconnaît principalement à la tache foncée à l’arrière des yeux. Les adultes se déplacent massivement au printemps pour se rendre sur les sites de ponte, puis regagnent leurs quartiers d’été sur la terre ferme. Aux alentours du mois de novembre, les grenouilles rousses entrent en hibernation, soit dans la vase au fond de l’eau, soit sur terre, dans un endroit abrité et humide. Vous l'attirerez donc au jardin en lui ménageant ce type d'abris à proximité de votre mare naturelle.

  • Moins courante que la grenouille rousse, la grenouille verte passe au moins toute la belle saison dans l’eau, et elle affectionne les endroits ensoleillés.

    On ne trouve plus, à Bruxelles, que des grenouilles vertes issues de croisements entre la grenouille de Lessona (ou petite grenouille verte, rana lessonae) et une espèce de grenouille verte qui fut introduite, la grenouille rieuse (rana ridibunda).

Pour en savoir plus sur les grenouilles, visitez les pages de raînne.

Les crapauds

  • Le crapaud commun est bien connu pour ses transhumances printanières à la recherche d’un point d’eau pour la reproduction. En effet, ils sont nombreux à cette période à se faire écraser lors de la traversée des routes. Souvent malaimé à cause des verrues qui recouvrent sa peau, il se révèle pourtant d’un grand secours dans la lutte contre les limaces. Pour l’attirer au jardin, une mare naturelle pourrait faire l’affaire. Mais sachez que cet animal sympathique passe presque toute sa vie hors de l’eau et hiberne dans un trou, sous des feuilles mortes ou des branchages.

  • Il existe en Belgique deux autres espèces de crapauds que l'on rencontre rarement dans les jardins: le crapaud accoucheur ou alyte et le rare crapaud calamite.

Pour en savoir plus sur les crapauds, visitez les pages de raînne.

Les tritons

On trouve en Wallonie et à Bruxelles, quatre espèces de tritons. Après la reproduction qui a toujours lieu dans un plan d'eau, les adultes entament leur vie terrestre, non loin du site de reproduction, sortant surtout la nuit et se dissimulant le jour dans des abris. Pour accueillir les tritons au jardin, ménagez-leurs quelques abris (tas de bois, herbes hautes, terre meuble, quelques pierres…) à proximité de votre mare naturelle.

  • Peu exigeant, le triton alpestre se reproduit fréquemment dans les mares de nos jardins.

    Bien représenté en Wallonie, le triton alpestre est également présent à Bruxelles (vallée de la Pede à Anderlecht, Jette, Uccle et forêt de Soignes).
  • Le triton ponctué se retrouvera de préférence dans les mares profondes, bien ensoleillées et riches en plantes.

  • Le triton crêté est sans doute le plus aquatique de tous nos tritons. Pour la reproduction, sa préférence va aux grandes mares ensoleillées et riches en plantes aquatiques. L’hivernation se passe dans un abri à l’abri du gel, dans la terre meuble, dans un tas de bois pourrissant ou dans un trou. Il peut leur arriver d’hiverner au fond de la mare.

    Le triton crêté est assez rare en Wallonie, et a même totalement disparu à Bruxelles.
  • Le triton palmé ou triton helvétique affectionne les zones boisées et se reproduit généralement dans des points d’eau forestiers. Durant la mauvaise saison, certains adultes hiverneront à terre, d’autre dans l’eau.

    Le triton palmé est peu fréquent à Bruxelles où on le rencontre principalement dans la forêt de Soignes ou dans le bois du Laerbeek.

Pour en savoir plus sur les tritons, visitez les pages de raînne.

La salamandre

  • Très reconnaissable à sa coloration noire et jaune, la salamandre terrestre est assez difficile à observer tant de par sa faible densité que en raison de ses mœurs nocturnes. L’adulte est essentiellement terrestre et forestier. Il y recherche des points d’eau (le plus souvent des sources) pour déposer ses larves. Inutile d’espérer l’attirer au jardin si celui-ci n’est pas directement attenant à une forêt de feuillus avec présence de sources ou de points d’eau.

    A Bruxelles, on peut rencontrer la Salamandre terrestre en forêt de Soignes.

Pour en savoir plus sur la salamandre, visitez les pages de raînne.

Les reptiles

  • L’orvet ressemble à un serpent, mais est en fait de la famille des lézards. Sans danger pour l’homme il se révèle par contre un allié précieux pour le jardinier qu’il débarrasse d’un grand nombre d’invertébrés. Ses repères sont les coins ombragés et humides, riches en proies dont il se nourrit : hautes herbes, les tas de feuilles, espace sous une tôle, etc. Durant l'hiver, l'orvet hiberne en colonie rassemblant de nombreux individus. Il peut pour cela creuser un terrier qui sera fermé avec de la terre et de la mousse.

  • Le lézard vivipare se nourrit surtout d'insectes et d'araignées, mais aussi de petits mollusques, cloportes et d'autres invertébrés. Sa présence est liée aux landes à bruyère humides mais on peut le retrouver dans certains jardins.

  • Le lézard des murailles a le même régime alimentaire que le lézard vivipare. Appréciant le soleil, cette espèce se rencontre dans les milieux pierreux bien ensoleillés, naturels ou artificiels. On le retrouve quasi exclusivement dans le bassin hydrographique mosan. Dans cette région, on pourra donc favoriser cette espèce en aménageant des murs de pierres sèches au jardin.

Apprenez-en plus à propos des batraciens en consultant nos fiches conseils et liens amis

Depuis 1984, Natagora encourage les propriétaires de jardins à aménager tout ou partie de leur terrain en zone favorable à la faune et à la flore sauvages. Planter une haie d’espèces indigènes, installer un nichoir, faire place à une prairie fleurie…
Depuis 1991, l'opération "Nature au Jardin" bénéficie du soutien du Ministère de l'Environnement et de Bruxelles Environnement - IBGE en Région de Bruxelles-Capitale.


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