• Existe-t-il des serpents dangereux en Wallonie ?

 Oui, mais la probabilité d’en rencontrer est infime.

 En effet, trois espèces de serpents indigènes sont présents en Wallonie : deux couleuvres et une vipère. Nos deux couleuvres (la couleuvre à collier et la coronelle lisse) sont des serpents assez rare et totalement inoffensifs. Notre vipère, la vipère péliade, le seul serpent venimeux de notre faune, est tellement rare que la probabilité de la rencontrer est extrêmement faible. En outre, ces animaux étant craintifs et non agressifs, la probabilité de se faire mordre est quasi inexistante. De plus, ce serpent fréquente les endroits les plus sauvages et les plus reculés de nos régions comme les tourbières, il fuit les endroits fréquentés par l’homme.

Ces serpents ne doivent pas être confondus avec l’orvet, un lézard sans patte inoffensif au corps lisse et luisant qui est très répandu dans les campagnes, les jardins et parfois dans certains parcs urbains.

Des serpents exotiques s’échappent parfois de captivité, surtout en ville où les éleveurs de reptiles sont plus nombreux. La majorité de ces animaux sont inoffensifs, mais certains peuvent être potentiellement dangereux.

  • Que faire si je trouve un serpent dans ma maison ?

 Restez calmes, n’essayez pas de le toucher, de l’attraper ou de le capturer.

Le premier geste à faire est d’appeler les pompiers qui viendront enlever l’animal.

En effet les passionnés et éleveurs de reptiles sont nombreux, il peut arriver qu’un serpent exotique s’échappe de chez son propriétaire et entre dans une maison, surtout en ville. N’essayez surtout pas de le capturer, vous pourriez vous blesser ou blesser l’animal.

La probabilité de rencontrer un serpent échappé est toutefois très faible car ces animaux ne subsistent pas longtemps dans nos régions.

Si vous habitez à la campagne et qu’un serpent est rentré dans un vieux bâtiment peu fréquenté comme une grange ou une écurie, il y a plus de chance qu’il s’agisse d’une couleuvre à collier, un serpent inoffensif qui vit naturellement dans nos régions et qui profite parfois de la chaleur dégagée par un vieux de tas de foin pour y déposer ces œufs. L’idéal dans une telle situation est de ne rien faire, l’animal quittera de lui même les lieux au bout de quelques heures. Si vous avez vraiment la phobie des serpents, il suffit d’appeler les pompiers.

  • Que faire si je rencontre un serpent dans la nature ou si j’ai un serpent dans mon jardin ?

Une rencontre avec un serpent est un fait plutôt rare dans nos régions, mais qui peut néanmoins arriver dans un environnement bien préservé, y compris dans certains jardins. Les serpents étant des animaux craintifs, ils fuiront le plus souvent très rapidement. Plus rarement, ils restent immobiles en espérant ne pas avoir été découverts. En cas de rencontre avec un serpent, il ne faut pas le chasser et surtout ne pas le tuer, il faut juste s’éloigner calmement. En effet, d’une part nos espèces de serpents indigènes sont en régression et certaines sont même menacées de disparition, d’autre part parce que les capturer, les déplacer, les mutiler ou les tuer sont des actes interdits, ces animaux étant protégés par la loi. En outre, leur présence est le signe d’un biotope qui est resté de qualité.

  • Quels sont les reptiles que je peux rencontrer dans mon voisinage/mon jardin ?

Bien qu’exigeants, les lézards et les serpents peuvent parfois être présents à proximité de zones habitées, notamment dans les jardins. Bien souvent, des reptiles sont présents dans notre environnement, mais passent inaperçus en raison de leur comportement discret.

L’orvet, un lézard sans pattes au corps lisse et luisant, est de loin le reptile le plus fréquent dans les jardins pourvus de hautes herbes, les villages, les campagnes et même les parcs urbains. C’est aussi le plus discret de tous nos reptiles et sa présence passe le plus souvent inaperçue. Totalement inoffensif, ce lézard est parfois confondu avec un serpent. Il se nourrit essentiellement de limaces, c’est donc un allié précieux du jardinier.

Deux lézards sont susceptibles d’être présents dans les jardins : le lézard des murailles et le lézard vivipare. Le premier se rencontre surtout dans les grandes vallées comme la Meuse, l’Ourthe, la Vesdre…Il s’agit d’un lézard peu farouche qui, comme son nom l’indique, affectionne les milieux rocheux. Il peut fréquenter les vieux murs de pierre qui bordent les jardins, parfois aussi les façades des vieilles bâtisses bien exposées au soleil. Le second est plus répandu mais aussi un peu plus discret. On le rencontre surtout dans les régions plus humides, par exemple dans les fonds de jardins peu entretenus des villages ardennais. Dans l’extrême sud du pays (région d’Arlon – Virton), une troisième espèce, le lézard des souches se rencontre parfois dans des jardins, surtout si ils sont proches d’une voie ferrée. Ces lézards se nourrissent principalement de petits insectes.

Deux couleuvres sont également susceptibles d’être présentes dans certains jardins, mais s’agissant d’animaux rares, farouches et exigeants, leur observation près des habitations est très rare. La présence de ces inoffensives couleuvres au jardin est le signe d’un environnement qui est de qualité.

La couleuvre à collier, notre serpent le moins rare, est également le plus impressionnant : il s’agit d’un serpent très vif qui peut atteindre une taille non négligeable (près d’un mètre). Cette couleuvre n’est pas agressive et ne mord jamais. Elle se nourrit principalement de grenouilles et de crapauds. Présente surtout au sud du sillon Sambre-et-Meuse, il lui arrive de fréquenter certains jardins, surtout lorsqu’ils sont pourvus d’une mare (où elle cherche à manger), d’un tas de compost (où elle dépose parfois ces œufs) ou d’abris situés au fond du jardin comme des tas de bois (où elle peut trouver un refuge).

La coronelle lisse est une petite couleuvre qui atteint 50 à 70 cm. Bien qu’inoffensive, elle n’hésite pas à mordre lorsqu’elle est agressée et lorsque l’on tente de l’attraper. Ces morsures sont insignifiantes mais elles peuvent surprendre les personnes qui les subissent. Ce serpent est rare et ne se rencontre que dans les milieux rocheux situés au sud du sillon Sambre-et-Meuse. Il se nourrit principalement d’orvets, de lézards et de campagnols. Ce petit serpent très discret se rencontre surtout dans les vallées comme la Meuse, l’Ourthe, la Lesse, le Viroin où il lui arrive de fréquenter les rocailles et les vieux murs de pierre qui bordent les jardins.

Une autre espèce présente en Wallonie, devenue extrêmement rare, ne fréquente pas les jardins, il s’agit de la vipère péliade.

D’une façon générale, les jardins situés en bordure d’un bois, sur un versant bien exposé au soleil, où le long d’une voie ferrée, ont plus de chance d’être fréquentés par des orvets, des lézards, voir parfois des couleuvres, que les autres.

A coté de ces espèces indigènes, une espèce exotique est parfois rencontrée dans la nature : la tortue de Floride. Cette espèce originaire d’Amérique du nord ne se reproduit pas dans nos régions mais peut vivre plusieurs années dans les plans d’eau et cours d’eau lents où elle est relâchée, le plus souvent aux abords des villes.

 

 

Répartition

Habitats naturels (hors jardin)

Fréquence dans les jardins au nord du sillon Sambre-et-Meuse

Fréquence dans les jardins au sud du sillon Sambre-et-Meuse

Orvet

Partout

Milieux variés

Rare

Assez commun

Lézard des murailles

Vallées au sud du sillon Sambre-et-Meuse  (Meuse, Ourthe, Lesse…)

Rochers, carrières, voies ferrées, y compris près des villes

Absent

Rare

Lézard vivipare

Partout mais plus  présent en Ardenne, Famenne et Lorraine

Zones humides, forêts, friches

Très rare

Rare

Lézard des souches

Lorraine

Milieux chauds et secs (carrières, voies ferrées)

Absent

Presque absent (très rare dans la région de Arlon-Virton)

Couleuvre à collier

Sud du sillon Sambre-et-Meuse

Milieux variés surtout zones humides et forêts

Absent

Rare

Coronelle lisse

Sud du sillon Sambre-et-Meuse

Milieux chauds et secs (carrières, voies ferrées)

Absent

Très rare

Vipère péliade

Sud-ouest de la Wallonie, près de la frontière française

Milieux peu fréquentés par l’homme : landes, tourbières…

Absent

Absent

Tortues de Floride

Surtout près des villes

Mares, étangs, cours d’eau lents

Rare

Très rare

Autres NAC

Surtout près des villes

-

Très rare

Très rare

  • Pourquoi protéger les reptiles ?

Nos reptiles indigènes sont des animaux passionnants mais, en raison de leur comportement discret, ils sont souvent méconnus voir méprisés. Les serpents en particulier sont victimes d’une mauvaise image de la part du public, les lézards apparaissent souvent plus sympathiques. Les reptiles méritent pourtant notre intérêt : ils font partie de notre faune et jouent un rôle dans nos écosystèmes. De plus, la plupart des espèces présentes en Wallonie ont régressés ces dernières décennies principalement en raison de la modification et de la perte de leurs habitats.

  • Comment puis-je favoriser les reptiles dans mon jardin ?

Moyennant quelques aménagements, les jardins peuvent fournir des habitats refuges pour les reptiles. Des terrains de superficie modeste peuvent déjà abriter plusieurs espèces de reptiles. Les chances de les voir coloniser le jardin sont cependant plus élevées dans les terrains bénéficiant d’un bon ensoleillement et d’un environnement bien préservé. A cet égard, l’utilisation de pesticides est évidemment déconseillée si l’on souhaite accueillir la faune sauvage :

 -          Maintenir un coin en friche dans le jardin (laisser une partie de la pelouse non tondue)

-          Créer des abris (tas de bois, de pierres, de tuiles, de pots de fleurs cassés…)

-          Créer un tas de compost

-          Créer des mares

-          Limiter la prédation des chats en évitant de les laisser sortir en journée

-          Eviter les tontes rases en réglant la hauteur de coupe de la lame de la tondeuse au maximum

-          Sensibiliser son entourage

  • Comment puis-je éloigner les reptiles de mon jardin ?

Les actions suivantes peuvent rendre votre jardin moins attractif pour les reptiles, il faut cependant noter que ces actions y réduiront de façon générale l’accueil de la faune et de la flore de nos régions :

 -          Tondre l’herbe régulièrement de façon à la garder courte. Cette seule action rend habituellement inhospitalier la majorité des jardins pour les reptiles ;

-          Couper les buissons et les autres plantes qui peuvent fournir un abri au niveau du sol ;

-          Supprimer les abris potentiels tels que des tas de pierres, de tuiles, de briquaillons et de bois ;

-          Supprimer les tas de composts et d’herbes coupées où les placer dans des bacs étanches

 

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour préserver la biodiversité des habitats naturels en Wallonie et à Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

Avec le soutien de

Grenouilles sur les routes