Menaces

Outre la destruction directe par l’homme liée principalement aux légendes qui circulent à leur égard, mais également au trafic routier par exemple, les chauves-souris sont menacées par de nombreux problèmes, dont la plupart sont causés par l’homme.

En Europe, depuis une cinquantaine d’années, on assiste au déclin généralisé des populations de chauves-souris. En Région Wallonne, toutes les espèces sont concernées, plus de la moitié est en forte régression et au moins 3 sont au bord de l’extinction. L’exemple le plus frappant est le cas du petit rhinolophe : on estime que sa population s’élevait à 300 000 individus en Belgique en 1950... aujourd’hui, il en reste 200 !

Même les pipistrelles, les espèces les plus courantes que l’on retrouve encore dans presque chaque village, sont aujourd’hui 20 fois moins abondantes que dans les années 1950. Plusieurs facteurs expliquent cette raréfaction inquiétante.

Dégradation des terrains de chasse

L’altération qualitative et quantitative des terrains de chasse est la menace la plus importante pour les chauves-souris à l’heure actuelle.

La banalisation des paysages (passant par l’arrachage de haies, la disparition des alignements d’arbres et des taillis forestiers, l’urbanisation des campagnes…), la modification des pratiques agricoles (ex. : transformation des prairies en culture, augmentation de la taille des parcelles…) et sylvicoles (enrésinement intensif au détriment des feuillus indigènes, abattage des arbres morts…) portent sérieusement atteinte aux terrains de chasse nécessaires à la survie des différentes espèces de chauves-souris.

En effet, elles ne trouvent plus de milieu propice à la chasse ou ne parviennent plus à attraper des quantités suffisantes d’insectes pour se nourrir.

Manque de nourriture

À ce problème de la dégradation des terrains de chasse s’ajoute celui de la nourriture.

Les chauves-souris, animaux insectivores, ont de plus en plus de mal à trouver des insectes en quantité et qualité suffisante pour leur subsistance.  Les principales causes pointées du doigt sont bien entendu les pesticides, massivement utilisés tant par les agriculteurs que par les particuliers dans les jardins, les communes, les services publics...  En plus d’éliminer directement une part sensible des proies des chauves-souris, les pesticides sont responsables de la contamination d’une bonne part des insectes toujours disponibles. Et, quand on mange chaque nuit 3000 insectes portant chacun un peu de poison, la dose à ne pas dépasser est vite atteinte !

Au niveau des plans d’eau et cours d’eau, la pollution de l’eau et la dégradation des berges et des fonds sont également problématiques pour les insectes qui s’y développent et qui servent de nourriture à pas mal de chauves-souris.

Et la liste n’est pas finie, on pourrait aussi parler d’antiparasitaires, de manque de bois mort et d’hétérogénéité dans les forêts, de plantes exotiques (dans les forêts et les jardins, sans parler des invasives), etc.

Problèmes de logement

Au niveau des gîtes, la situation n’est pas rose non plus. Tant les gîtes d’été que les gîtes d’hiver sont menacés.

Gîtes d’été / de reproduction

Des travaux dans les greniers pendant la période estivale, tel que le traitement des charpentes avec des produits toxiques peuvent conduire à la mort des individus.  De plus, la fermeture systématique des accès aux combles et clochers d’églises et d’autres grands bâtiments publics et privés réduit fortement les gîtes potentiels.

Pour les espèces forestières, l’abattage des arbres creux entraîne également une crise du logement sans précédent.

Gîtes d’hiver

Le dérangement des chauves-souris en hibernation en milieu souterrain (visites hivernales répétées et/ou bruyantes) est certainement un facteur important dans leur raréfaction. Certains gîtes d’hiver (grottes, mines, carrières…) sont fermés hermétiquement ou comblés d’immondices ou de décharges diverses. 

À nouveau, les espèces forestières souffrent de l’abattage des arbres creux.

 

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour préserver la biodiversité des habitats naturels en Wallonie et à Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

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