Les hannetons sont-ils plus nombreux qu'avant ?

Le hanneton, beaucoup de gens le connaissent, c’est un scarabée de couleur brun marron long de 2 à 3 cm. Depuis les premiers jours de mai, à certains endroits, on en voit des dizaines sortir de terre et s’envoler. Un tel phénomène ne passe évidemment pas inaperçu.

L’adulte que l’on voit maintenant est la partie visible de l’insecte. Il vit quelques semaines, le temps de se reproduire et perpétuer l’espèce. La plus grande partie du cycle de l’insecte se passe sous forme de larves qui vivent 3 à 4 ans sous terre avant de se métamorphoser en adulte. Ces larves, facilement reconnaissables, ont un corps arqué et mou. Ce sont les fameux vers blancs, bien connus des jardiniers.

Autrefois les adultes et les larves de hannetons étaient redoutés et combattus pour les dégâts qu’ils provoquaient dans les jardins et les cultures. Ils se nourrissent en effet de racines, de fleurs et de fruits. Et quand il y en a des milliers, cela peut vite faire des dégâts. Il y a quelques dizaines d'années on envoyait les enfants des écoles ramasser des milliers de hannetons dans les cultures et les vergers. On appelait ça le hannetonnage. Ils sont devenus beaucoup moins abondants à présent.

Alors qu’ils avaient quasiment disparus à cause des insecticides, on les voit à nouveau voler en petit nombre dans les jardins ou autour des lampadaires le soir. C’est une aubaine pour les chauves-souris et certaines espèces de chouettes qui s’en nourrissent. Vu leur rareté, les dégâts aux cultures sont très limités et il n’est donc pas utile d’utiliser d’insecticides.

Les pies sont-elles trop nombreuses et responsables de la disparition des petits passereaux ?

En défrichant les forêts, en favorisant les milieux ouverts, nos habitudes urbanistiques créent de nombreux milieux favorables à la pie. Si les populations de pies sont actuellement en bonne santé, elles le doivent en partie à leur protection légale mais surtout à l’évolution des paysages au cours des dernières décennies...

Le « métier » de la pie dans la « nature » est celui de prédateur opportuniste et il est vrai qu’elle consomme des oeufs et des jeunes oiseaux. Mais la pie ne prélève généralement des oeufs ou des oisillons que pour nourrir sa propre nichée. Elle n’en a qu’une seule par an, alors que merles, hirondelles, moineaux... en mènent deux ou trois. Une seule nichée est donc prélevée par la pie. Des études ont montré que la pie n’est pas responsable de la raréfaction des petits oiseaux. D’autre part, les humains ont introduit dans leur environnement un prédateur bien plus dangereux, qui tue non seulement pour se nourrir mais aussi sans nécessité alimentaire : le chat. Dans les zones urbaines ou suburbaines, un territoire de pie peut compter de 10 à 30 chats ! Leur impact sur les populations d’oiseaux, aussi bien jeunes qu’adultes, est considérable et la présence de nombreux chats crée bien souvent des «déserts» ornithologiques...

La diminution ou la disparition des «petits oiseaux» est donc le plus souvent imputable aux chats et surtout à la transformation du paysage : élimination des vieux arbres, des haies d'épineux…, qui sont remplacés par des bouleaux ou des forsythias, qui n'offrent aucune protection pour les nichées et sont donc sans intérêt pour les oiseaux de ce point de vue. Peuvent se superposer à ces phénomènes de portée générale des événements particuliers comme par exemple les mauvaises conditions météorologiques pendant la saison de nidification ou une longue période de couverture neigeuse, qui chasse beaucoup d'oiseaux vers le sud (mésanges, pinsons…). De telles circonstances peuvent par exemple expliquer le peu de visites aux mangeoires pendant l'hiver. La conséquence de ces phénomènes est une légitime impression de désert ornithologique… mais la pie n'y sera que pour peu de chose...

Il faut également signaler que les pies sont d'infatigables bâtisseurs qui construisent nombre de nids complets ou ébauches de nids.  Cette prolifération de constructions, parfois une dizaine par territoire, donne souvent une fausse impression d'abondance de la pie, de nombreuses personnes imaginant que chaque nid est occupé par un couple de pies.

Dernier détail, les pies peuvent constituer en hiver des dortoirs rassemblant parfois plus de cent individus. Ces rassemblements effrayent également le public, bien qu'ils soient tout à fait temporaires et se tiennent à une époque où il n'y a aucun problème avec les «petits oiseaux»… sauf à la mangeoire.  Si la compétition est trop ardente, il suffit de disperser la nourriture dans le jardin et, surtout, de présenter de diverses manières (au sol, suspendue, mangeoire trémie…) différents types de nourriture (déchets de table, graines de tournesol, graisse…). Cette manière de faire réduit fortement la compétition entre les différentes espèces qui viennent chercher leur pitance dans le jardin.

Enfin, les pies – tout comme les autres corvidés – sont des oiseaux remarquables, présentant des comportements sociaux et familiaux tout à fait passionnants à observer...

Des petits rapaces viennent régulièrement chasser les oiseaux à ma mangeoire. Que puis-je faire ?

L’épervier est relativement fréquent dans les jardins, même en ville.

Depuis sa protection dans les années 1970, la population est en augmentation. D'après l'Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie, il y aurait 2.700 couples en Wallonie. Ce nombre est à comparer avec les 150.000 couples de mésanges charbonnières, les 206.000 couples de merles, les 180.000 couples de moineaux domestiques... Ces passereaux élèvent de l'ordre d'une dizaine de jeunes par an (contre 2-4 pour l'épervier).

Classiquement, il y a donc nettement plus de proies que de prédateurs.  Depuis toujours, les éperviers chassent les petits oiseaux (de la mésange au pigeon) et il n’y a jamais eu de disparition de ces oiseaux suite à la prédation par l’épervier, sinon les prédateurs disparaîtraient également.  Le déclin de certaines espèces est surtout dû à d’autres causes (disparition de l’habitat, dérangement, prédation par les chats, collisions avec les fenêtres ou le trafic routier, pesticides, etc.).

Les concentrations d’oiseaux aux mangeoires attirent évidemment les prédateurs qui trouvent là une opportunité de chasser facilement, surtout s’il n’y a pas de buissons ou de haie servant de refuge.

En cas d’attaques répétées, les petits passereaux peuvent quitter temporairement un site pour un autre. Ils reviendront lorsqu’ils se sentiront à nouveau en sécurité.

Pour limiter l’impact de la prédation par l’épervier, multipliez les points de nourrissage dans le jardin et plantez des buissons épineux (prunelliers, aubépines…) à proximité des mangeoires.

J’ai moins de grenouilles/crapauds cette année, que s’est-il passé ?

Les populations d’amphibiens fluctuent de façon très marquée d’année en année. S’il n’y a pas eu de modification importante de votre plan d’eau (p.ex. introduction de poisson, pollution de l’eau, etc.) il n’y a en principe pas de quoi s’inquiéter.

Vous pourriez être tenté d’importer des œufs pour essayer d’aider les populations, mais c’est illégal et cela met en danger vos petits protégés : en déplaçant des œufs, vous pourriez accidentellement introduire des maladies ou des plantes invasives dans votre étang. Avez-vous réalisé des aménagements pour que votre jardin soie favorable aux batraciens ? Vous trouverez plus d’infos à ce sujet ici.

Un étang de bonne qualité et accessible est colonisé naturellement par les batraciens si aucune barrière physique n’empêche les batraciens d’y accéder ; cela prend souvent plusieurs années pour qu’un étang soit colonisé. Ne soyez pas trop inquiets si vous n’êtes pas immédiatement inondés d’amphibiens !

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour prserver la biodiversit des habitats naturels en Wallonie et Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

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