Les chauves-souris transmettent-elles des maladies ?

Outre leur rôle important dans beaucoup d’écosystèmes dans le monde, les chauves-souris ont aussi été identifiées comme hôte de certains virus qui peuvent affecter la santé humaine. On les appelle des « zoonoses » : des maladies humaines dont l’origine provient d’animaux.

La transmission d’un virus d’un animal sauvage à l’homme résulte souvent d’une altération de l’environnement par l’homme. Par exemple, la destruction de biotopes de chauves-souris (par déforestation et urbanisation) et l’intensification de l’élevage de bétail poussent les chauves-souris à vivre bien plus près de l’homme, de son bétail et de ses animaux domestiques qu’en conditions plus naturelles. Ce contact plus proche peut conduire à un « débordement » d’un virus depuis son réservoir naturel (un animal sauvage) vers la population humaine, soit directement, soit par un hôte intermédiaire (un animal domestique).

Relation entre les chauves-souris et les maladies infectieuses dans le monde

Comme tout autre mammifère, les chauves-souris sont considérées comme des « réservoirs » (hôte à long terme) d’un certain nombre de virus, la plupart d’entre eux étant inoffensifs pour l’humain. Dans beaucoup de cas, les chauves-souris ne sont pas elles-mêmes affectées par les virus qu’elles hébergent, vraisemblablement parce que les chauves-souris ont intimement co-évolué avec ces virus depuis des millions d’années. Certaines espèces de chauves-souris jouent un rôle de réservoir viral plus important que d’autres, en fonction de leur contamination antérieure ou de leur mode de vie. Comprendre comment le système immunitaire des chauves-souris résiste à ces virus permettrait d’ailleurs de réaliser des avancées dans la recherche médicale humaine.

Quelle est la situation en Belgique ?

La seule zoonose associée aux chauves-souris en Belgique est le « European Bat Lyssavirus », un virus proche de la rage classique (qui affecte principalement les chiens et les renards). Une surveillance de ce virus est effectuée par l’Institut scientifique de santé publique. Un diagnostic de rage a été confirmé en septembre 2016 chez une chauve-souris (Sérotine commune, Eptesicus serotinus) trouvée par un promeneur dans la commune de Bertrix. La Sérotine commune est l’espèce dont la prévalence de la rage est connue pour être plus élevée en Europe. Il est probable que ces virus circulent chez certaines autres espèces de chauve-souris indigènes en Belgique car des cas sont détectés dans nos pays voisins. Il n’y a aucun risque si vous ne manipulez pas les chauves-souris, il faut en effet les toucher à mains nues pour qu’un risque de transmission existe. Notons par ailleurs que jusqu’à présent, aucune Pipistrelle commune (l’espèce de loin la plus courante en Belgique) n’a été déclarée porteuse du virus de la rage en Europe.  Vous pouvez trouver plus d’informations sur https://www.wiv-isp.be/odobz-domti/fr/indexf079.html?page=virus_de_la_rage

Il n’y a pas d’autres maladies zoonotiques connues liées aux chauves-souris en Belgique.

 

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