Édito n°37 : La biodiversité commence sur notre balcon !

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Le 28 April 2010

Paradoxe ou oxymore ? En cette année 2010, année officielle de la Biodiversité, le mot magique est sur toutes les lèvres, dans tous nos journaux, dans nos émissions de TV. Et pourtant le monde semble aller dans la direction exactement opposée!
Après la débâcle de Copenhague, on apprend que le thon rouge continuera d’être pêché jusqu’à son extinction annoncée, et qu’on reporte le fameux objectif européen "Countdown 2010" à 2020!
On a magistralement manqué d’arrêter l’érosion de la biodiversité en Europe.



À notre échelle locale, les choses ne se passent pas mieux qu’au niveau international pour la biodiversité. Contrairement au reste du monde, la population belge est restée fort stable au cours des 50 dernières années. Avec ses 10 millions d’habitants, la Belgique n’affiche qu’une modeste croissance comparée au doublement de la population de la planète sur la même période.

Mais quelque chose a changé ! Nos concitoyens ont besoin aujourd’hui de 10 fois plus d’espace qu’au début du 20e siècle pour se loger, se déplacer, se divertir, installer leur seconde résidence…

Alors que Natagora est fière d’avoir mis en réserve naturelle 4 300 ha du territoirewallon durant ses 45 ans d’existence, l’urbanisation wallonne engloutit chaque année près de 2 000 ha de nature ! Cela représente deux terrains de football par jour, et ce depuis la dernière guerre. La Région wallonne continue d’octroyer 36 000 permis de bâtir par an…

Cette boulimie d’espace constitue une des premières causes de perte de biodiversité.Car, en construisant nos villes à la campagne, on multiplie les déplacementsde personnes et de marchandises, on crée des routes, on artificialiseles sols, on imperméabilise les surfaces, in fine on fragmente et on détruit les habitats naturels.

Alors que faire ? Demander un moratoire sur les nouvelles constructions ? Ne rêvons pas !

Tous nos responsables politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, n’aspirent qu’à booster la croissance économique, à faire redémarrer l’immobilier et la construction. Car chez nous, Monsieur, « quand le bâtiment va, tout va » ! Il faut chercher une autre voie. Dans nos villes, nos lotissements, nos zonings industriels, il faut recréer le maillage écologique vert et bleu. Quantité d’espaces non bâtis comme les friches industrielles, les intérieurs d’îlots, les bords d’autoroutes et de voies ferrées peuvent être réhabilités et redevenir « nature admise ». Nos toitures peuvent être végétalisées et nos façades abriter des nids artificiels pour les hirondelles et les martinets.

Nous détenons le grand pouvoir de recréer un environnement plus naturel autour de nous.
Nous pouvons faire de chacun de nos jardins un havre de biodiversité, en bannissant les biocides, en favorisant les plantations indigènes, en plantant des haies, en creusant une mare, en recréant des vergers. Nos mille initiatives individuelles peuvent reconstituer un véritable maillage écologique. Natagora a lancé l’an dernier la charte Réseau Nature pour encourager, encadrer et rendre visibles ces efforts individuels. L’idée est de constituer un mouvement citoyen pour créer un réseau écologique de milieux variés gérés de manière à favoriser la biodiversité.
L’action vise les propriétaires privés, les écoles, les entreprises, les collectivités et ONG, les exploitants agricoles et forestiers. Natagora propose des conseils de gestion, une charte, un engagement moral d’une durée de 3 ans et un label. Vous trouverez sur notre site www.reseau-nature.be les modalités de participation. En plus des conseils de gestion disponibles sur le site, des expertises personnalisées (payantes) peuvent vous être prodiguées par des conseillers avertis.

La biodiversité commence sur notre balcon!


Harry Mardulyn
Président de Natagora


Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour prserver la biodiversit des habitats naturels en Wallonie et Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

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