Faut-il nourrir les oiseaux en hiver, et comment ?

Nos milieux se sont terriblement appauvri et n'offrent plus une nourriture variée et abondante aux oiseaux. Aussi, nous pouvons leur donner un petit coup de pouce en installant une mangeoire. Mais rien ne vaut un jardin naturel qui offre de la nourriture toute l'année.

Comment bien nourrir les oiseaux ?

Nourrir les oiseaux en toutes saisons ne se justifie pas. C'est pendant la mauvaise saison, en hiver, lorsque les ressources habituelles de nourriture se font rares ou sont cachées par la neige que la nourriture offerte par les hommes aidera les oiseaux. Cette source régulière et située toujours à la même place leur permettra de réduire leurs dépenses énergétiques liées à la recherche de la pitance journalière.

Commencez à les nourrir seulement par grands froids !

Apprenez à observer la nature, elle vous donnera le signal : la disparition des insectes, des périodes de gel prolongé, une neige persistante ou lors de pluies incessantes. La régularité dans le nourrissage est capitale, les oiseaux en viennent vite à dépendre de vous. Il ne faut pas interrompre le nourrissage pendant les périodes de grand froid car les oiseaux ayant l'habitude de se nourrir aux mangeoires, risquent de ne pas disposer d'assez de réserves pour trouver une autre source de nourriture. Supprimez donc progressivement ce ravitaillement à l'approche du printemps, ce qui coïncide avec le début de la saison de reproduction (d'avril à septembre). La nourriture que les parents trouvent eux-mêmes dans la nature est redevenue abondante et bien meilleure pour les oisillons. Laissons les oiseaux insectivores jouer efficacement leur rôle d'insecticide naturel.

Nourrissez à tous les étages !

Les différentes espèces d'oiseaux ont, chacune, un comportement de nourrissage particulier, alors variez les plaisirs. En hauteur, sur une mangeoire stable ou en filets suspendus mais aussi sur le sol car certains oiseaux comme l'accenteur mouchet, la grive mauvis ou litorne, le rougegorge ou le merle préfèrent s'y nourrir. Si vous nourrissez au sol, déposez de préférence la nourriture sur une planche de bois pour la protéger de l'humidité.

Nourrissez tôt le matin et si possible aussi en fin de journée !

Les oiseaux en hiver consomment rapidement leur réserves alimentaires. Deux périodes de la journée sont critiques : l'ultime activité à la nuit tombée qui induit la nécessité de stocker assez de nourriture pour tenir jusqu'au matin, ensuite dès le lever du jour, la nécessité de trouver de la nourriture le plus rapidement possible car les réserves se sont épuisées pendant la nuit.

Ne mettez jamais de la nourriture en trop grande quantité !

Les graines mouillées deviennent impropres à la consommation Les graisses rances, les mies de pain mouillées peuvent provoquer des troubles digestifs graves, même fatale.. Nettoyez souvent votre restaurant pour éviter tous risques de contamination et d'épidémie. Certains oiseaux n'aiment pas les mangeoires, comme les pics, mais ils se laisseront tenter par une bûche percée de trous remplis de nourriture que vous aurez suspendue. Elle attirera aussi les mésanges, les sittelles, brefs les meilleurs acrobates parmi nos oiseaux familiers.

Attention au minou !

Pour éviter que les chats considèrent votre mangeoire comme un garde manger, suspendez-là à une branche ou installez-la sur un piquet. Le pied doit être lisse et mesurer 1,75 m au moins. Un toit est le bienvenu, il permettra aux oiseaux de se mettre à l'abri de la pluie et protégera les aliments. La sécurité étant le maître mot, placez votre mangeoire dans un espace découvert mais proche d'un taillis accessible d'un coup d'aile. De plus les espèces particulièrement discrètes se montreront moins timides. Un petit truc, placez un entonnoir retourné (en métal ou en plastique) autour du pied, il empêchera l'accès aux grimpeurs.

Au menu des oiseaux

Quand ils ont faim, les oiseaux mangent presque n'importe quoi, leur régime habituel peut même totalement changer. Mais il faut savoir que chaque espèce à ses préférences, plus vous offrirez des menus variés, plus nombreuses seront les espèces que vous attirerez dans votre jardin !

Une diversité de graines

Pour les céréales et autres graines, misez sur la diversité ! Cette catégorie d'aliments, de choix pour les oiseaux, renferme des graisses, des sucres, des lipides, des minéraux et des vitamines. On peut acheter les mélanges tout faits, mais c'est bien plus amusant et plus économique de les préparer soi-même. Procurez-vous une réserve de différentes graines vendues dans une graineterie et ajoutez dans votre mélange «maison» celles de plusieurs plantes sauvages comme le rumex, chardon, ortie, centaurée, cardère, séneçon, etc., que vous aurez récoltées. Vous pouvez aussi vous lancer dans la fabrication de blocs de saindoux que vous suspendrez.

À boire !

Servez leur aussi à boire ! Rien de plus simple ici pour le menu, de l'eau et toujours de l'eau pure sans aucun additifs, sel, huile ou antigel. Cela peut paraître paradoxal, mais les oiseaux ont besoin d'eau, même en hiver. Veillez à recouvrir l'abreuvoir d'un grillage (à mailles moyennes) pour éviter que par temps de gel, ils ne se baignent et gèlent par la suite. Disposez des petites soucoupes ou des récipients peu profonds (3 à 4 cm ) dont vous changerez régulièrement l'eau à heures régulières pour que les oiseaux prennent l'habitude de venir boire avant que l'eau ne gèle.

Un jardin quatre étoiles !

Si vous avez la chance de posséder un jardin, l'idéal est d'ouvrir ses portes à la flore sauvage. Les plantes indigènes offriront aux oiseaux une nourriture riche, variée et naturelle toute l'année mais aussi pendant la mauvaise saison. La clef pour qu'un jardin soit à la fois beau et accueillant pour la vie sauvage, c'est la diversité !

Plus il y aura de plantes, plus il y aura d'insectes et donc d'oiseaux.

En résumé : les 11 règles d'un bon nourrissage

1. Nourrissez uniquement pendant les grands froids ou les pluies incessantes
2. Disposez de la nourriture matin et soir
3. Changez l'eau des abreuvoirs régulièrement et n'y ajouter aucun additifs
4. Nettoyez régulièrement les mangeoires
5. Protéger les graines de l'humidité et de la pluie
6. Ne donnez pas d'aliments salés
7. Placez graines, mangeoire hors de portée des prédateurs
8. Surtout, n'arrêtez jamais en plein froid un nourrissage commencé, les oiseaux devenus dépendants seraient condamnés !
9. Offrez des aliments variés à plusieurs endroits
10. Ne donnez pas trop à la fois, la nourriture doit disparaître en quelques heures
11. Ne proposez jamais d'aliments moisis ou avariés

Pourquoi et comment faut-il nettoyer la mangeoire ?

Lorsqu'il y a beaucoup d'oiseaux qui fréquentent régulièrement un endroit, il y a des risques de transmissions de maladies. Les virus et les bactéries se transmettent soit par les fientes, soit par les contacts directs entre oiseaux. 

La nourriture tombée au sol, les restes de graines qui traînent dans les mangeoires ou les assiettes d'eau qui stagnent trop longtemps deviennent rapidement des «nids à crasses» qui risquent de contaminer certains individus. Il n'y a alors plus aucun bénéfice à nourrir les oiseaux.

Pour limiter le risque de transmission de maladies, voici quelques conseils.

  • Si vous mettez de l'eau, changez-la régulièrement.
  • À chaque fois que vous mettez de la nourriture, prenez le temps de brosser la mangeoire et de ramasser les déchets.
  • Tous les quinze jours, nettoyez la mangeoire avec de l'eau chaude savonneuse et une brosse à poils durs. Les tubes seront nettoyés avec des brosses à bouteille.
  • N'hésitez pas à changer les mangeoires de place dans le jardin pour éviter de créer des «nids» de bactéries sous les mangeoires.

Certaines maladies des oiseaux peuvent se propager aux animaux domestiques (poules, pigeons...), d'autres peuvent également affecter les mammifères, dont l'Homme. Lavez-vous soigneusement les mains après chaque manipulation de la mangeoire.

Comment éviter les pesticides au jardin ?

Le jardin est rarement associé à la notion de nature sauvage. Trop souvent des pesticides et des engrais chimiques sont employés et certains jardiniers mènent une véritable lutte contre la nature. Il est possible de créer des refuges naturels pour la faune et la flore et le jardinier peut aussi utiliser les ressources de la nature pour lutter contre les ravageurs. Principe de base du jardin naturel : renoncer à l'emploi de produits chimiques, qu'il s'agisse d'herbicides, d'insecticides ou d'engrais. Ils peuvent être judicieusement remplacés par des traitements ou des engrais naturels utilisés en jardinage biologique.

Les limaces

Les prédateurs de nos jardins, ce sont bien sûr les limaces qui peuvent dévorer pas mal de légumes et de plantes en très peu de temps. Évitons bien sûr autant que possible les granulés du commerce qui sont toxiques. Un remède naturel : placer des soucoupes remplies de bière. Les limaces adorant l'odeur de la bière vont venir s'y noyer. D'autres moyens naturels : placer de la sciure ou de la cendre de bois tout autour des parcelles à protéger. Les limaces vont s'y dessécher et n'atteindront jamais les plantes à dévorer.

Le purin de rhubarbe est un autre remède efficace contre les limaces. Recette : Placer 500 grammes de feuilles fraîches de rhubarbe dans 5 litres d'eau que l'on laisse macérer 5 jours. Diluer ensuite dans 5 volumes d'eau. On obtient un purin répulsif et malodorant que l'on peut arroser autour des plantes attaquées par les limaces.

Contre les pucerons, l'ortie !

L'ortie, une mauvaise herbe ? Que nenni… Le purin d'orties est un excellent insecticide de contact contre les pucerons mais c'est aussi un fortifiant que l'on pulvérise sur les plantes pour les rendre plus résistantes aux maladies et aux parasites.

Recette : faire macérer 1 kg d'orties fraîches dans 10 litres d'eau pendant 3 ou 4 jours. Ensuite, il faut diluer ce litre de purin dans 10 litres d'eau pour pulvériser ou arroser.

Haro sur les campagnols !

Les campagnols font de gros dégâts dans nos jardins en rongeant les racines des arbustes et les légumes au potager. La solution, c'est le purin de sureau.

Recette : un kilo de feuilles de sureau placé dans 10 litres d'eau et que l'on laisse macérer pendant une dizaine de jours. Il s'utilise pur : on vide le liquide dans les galeries de campagnols qui ne supportent pas cette odeur

Des tagettes au potager ?

Cela peut paraître un peu curieux de voir des tagettes dans un potager mais elle y a un rôle à jouer comme plante nématocide c'est-à-dire qu'elle va éloigner ou tuer les nématodes. Ce sont de petits vers microscopiques qui peuvent faire des dégâts aux légumes. La solution : planter des tagettes entre les lignes de légumes.

Et contre les chenilles ?

Plutôt que de s'orienter vers un insecticide chimique qui sera forcément toxique, on peut trouver dans le commerce un insecticide biologique. C'est le Bacillus turgensis dont on vaporise des solutions sur les jeunes chenilles.

La tanaisie antivermine

La tanaisie est une plante qui peut se révéler envahissante mais qui peut aussi être très utile. Ainsi, les feuilles séchées de tanaisie peuvent être placées sous la litière dans le poulailler pour éloigner la vermine. Mais c'est aussi une plante que l'on peut utiliser «en purin» pour ses propriétés fongicides.

Recette du purin de tanaisie : Faire macérer 300 grammes de feuilles fraîches de tanaisie pendant 5 à 6 jours, dans 10 litres d'eau. Prendre ce litre de purin pur, le filtrer puis le diluer dans 2 litres d'eau. La solution obtenue peut être pulvérisée pour lutter préventivement contre la rouille et contre l'oïdium.

Autre fongicide : la prêle

La prêle est une plante que l'on peut rencontrer au jardin, surtout dans des lieux humides. Elle se présente sous forme d'une tige segmentée arborant un plumet vert. Cette plante peut être envahissante au point que certaines personnes veulent s'en débarrasser. La prêle peut néanmoins s'avérer utile. Ainsi, la décoction de prêle peut devenir un excellent fongicide préventif pour lutter contre le mildiou, l'oïdium ou l'armillaire.

Recette : prendre 100 grammes de ce feuillage, placé dans 3 litres d'eau froide, laisser macérer pendant 24 heures. Faire bouillir le tout pendant 20 minutes. Laisser refroidir et pulvériser sur les plantes.

La consoude comme engrais

La consoude officinale est une plante indigène qui peut se cultiver dans le jardin. Ses racines pivotantes améliorent la structure du sol, ses floraisons attirent des insectes pollinisateurs comme les bourdons ou les abeilles. Elle est utilisée en lutte bio : les feuilles de consoudes placées dans le compost accélèrent le processus de compostage. On peut aussi faire du purin de consoude dans les mêmes proportions que le purin de sureau (voir plus haut) qui est un excellent engrais pour les plantes voraces comme l'aubergine, les tomates, les courges…

Voir aussi :

Comment accueillir le hérisson au jardin ?

Le hérisson est bien connu de tous. Cet animal "ne manque pas de piquants" : son dos en porte environ 6 000 qui poussent et tombent en permanence, à l’image de nos cheveux. Il n'y a donc pas de mue saisonnière. En Belgique, le hérisson est présent partout. À l'origine, il habitait les milieux ouverts avec végétation basse, comme les prairies buissonneuses ou les lisières forestières. Aujourd'hui, il s'est adapté aux milieux semi-naturels ou même urbains : champs, vergers, terrains vagues, bords des routes, jardins, parcs. Toutefois, le grand nombre de hérisson se faisant écraser sur les routes montre que cet animal vit de préférence près des villages et des petites villes.

Le hérisson est un animal solitaire aux mœurs crépusculaires et nocturnes. La journée, il se repose caché au milieu d'un tas de feuilles mortes, à l'abri d'un buisson ou dans le creux d'un vieux mur.

Régime alimentaire

Le hérisson est opportuniste et omnivore. Il consomme surtout des invertébrés terrestres tels que les lombrics, les carabes, les chenilles, les araignées, les limaces, parfois des grenouilles, des lézards, de jeunes rongeurs, des oisillons, des oeufs, des cadavres, des fruits et champignons. Sa ration nocturne est d'environ 70 g.

Comment le protéger ?

L'espèce est encore commune dans notre pays mais des menaces pèsent sur lui. La route est la principale cause de mortalité des hérissons qui périssent par centaines, surtout au printemps lorsqu’ils sortent de nuit de leur retraite hivernale vers les lieux d'estivage et que les mâles se mettent à la recherche des femelles. Parfois aussi, les hérissons s'aventurent sur les routes pour y manger les cadavres d'animaux écrasés, ou en été, pour y chercher les insectes et les vers de terre attirés par l'asphalte chaud et humide. Menacé, le Hérisson se roule en boule, un système de protection efficace contre les prédateurs mais hélas, fatal face aux automobiles. Lors de travaux routiers (nouvelles voiries ou réfection), il conviendrait d’aménager des passages souterrains empruntables par la petite faune.

Il y a lieu aussi de limiter l'utilisation des pesticides, de favoriser l'agriculture biologique, d’établir un programme de protection ou de restauration du milieu rural (maintien et aménagement des réseaux de haies, des cours d'eau boisés, des bosquets…).

Avoir un hérisson dans son jardin et le protéger

Le hérisson contribue à éliminer bon nombre d'animaux déprédateurs, ce qui en fait l'auxiliaire des jardiniers et des cultivateurs. Le jardin ne doit jamais être complètement clos. Les clôtures ou les murs sans ouverture sont à éviter comme séparation avec d'autres propriétés. Par contre, si le jardin est du côté d'une route, une clôture sans ouverture est à conseiller, Un espace de 10 cm est suffisant pour un passage à hérisson. Les massifs et les haies de buissons, les composts de feuilles mortes et les tas de foin rendent un jardin accueillant. Les hérissons y construiront leurs nids ; Un abri artificiel peut les inciter à s'installer. Une caissette pleine d'herbe sèche placée à l'envers sous un buisson ou une cavité aménagée dans un empierrement leur conviennent parfaitement. L'abri doit être ombragé car ils supportent mal la chaleur.

Peut-on le garder en captivité ?

Garder un hérisson en captivité dans un enclos ou dans un jardin est une erreur car son espace vital est beaucoup plus grand que ce que peut offrir un jardin. Attention aux piscines ainsi qu’aux fosses qui sont autant de pièges mortels. Une planche avec aspérités accrochée sur les bords leur permettra d'en ressortir vivant.

L'assiette de lait qu'ils adorent est le plus sûr moyen de leur donner la diarrhée. L'eau est préférable et ils boivent d'ailleurs très peu.

Le hérisson en hiver

Diverses stratégies sont mises en œuvre par les animaux pour affronter l’hiver. À la fin de l'automne, quand la nourriture devient rare et dès que la température chute en dessous de 10 °C, le hérisson entre en hibernation, au fond d'un nid d'herbes et de feuilles qu'il aménage dans les fourrés ou sous une souche, dans un tas de bois, sous une haie, sous un tas de foin, ou quelquefois dans un terrier de lapin... Un hérisson en hibernation se trouve dans un état de torpeur et est donc incapable de se nourrir. Il passe l'hiver en brûlant les réserves de graisses qu'il a emmagasinées dès la fin de l’été, dans l'attente des beaux jours et d'une nourriture plus abondante. Il ne «dort» pas de façon continue mais sort de sa torpeur régulièrement pour se nourrir et s'agiter un peu avant de sombrer à nouveau.

Sa respiration s'arrête presque complètement et il peut s'écouler plusieurs minutes entre deux respirations. Le réveil définitif se fait au printemps, vers les mois de mars ou d'avril, quelles que soient les conditions climatiques. À la fin de l'hibernation, les hérissons ont perdu alors 30 % de leur poids.

Des batraciens se font écraser sur les routes au printemps. Que faire ?

Dernière ligne droite vers le printemps… Au milieu du mois de février, certains animaux commencent à sortir de leur léthargie hivernale, notamment les batraciens. Lorsque les conditions climatiques redeviennent plus clémentes, les grenouilles rousses, les crapauds communs et les tritons sortent de leur retraite pour rejoindre les mares et les étangs qui les ont vus naître afin de s'y reproduire à leur tour. Les déplacements de batraciens se font généralement à la tombée du jour, par temps doux et humide. Ils peuvent ainsi parcourir plusieurs kilomètres à travers bois et prairies et certains jours de grand rush, les migrations peuvent impliquer des milliers d'individus.

Nombreux sont ceux qui meurent avant d'avoir pu rejoindre les mares. En cause : les routes qui coupent fréquemment les couloirs de migrations empruntés par les batraciens, notamment dans les fonds de vallées. C'est ainsi que chaque année, aux mêmes endroits, des centaines voire des milliers d'animaux se font écraser par les voitures. Un véritable carnage… 

Un premier conseil que l'on peut donner aux automobilistes, c'est de ralentir aux endroits de passage des batraciens et de rouler à moins de 30 km/h. Au-dessus de 30 km/h , les grenouilles sont littéralement aspirées et viennent se fracasser sous la voiture. Il existe des solutions à plus long terme qui consistent à creuser des tunnels (crapauducs) sous les routes mais malheureusement les pouvoirs publics ne sont pas très actifs pour les mettre en oeuvre.

Participez aux opérations de sauvetage

Pour faire face à ces problèmes, chaque année, des volontaires s'organisent afin de sauver un maximum d'individus, notamment en plaçant des barrières en plastique le long de certains tronçons de routes. Ainsi, en longeant ces obstacles qui barrent leur progression, les batraciens tombent dans des seaux enterrés dans le sol. Il ne reste plus ensuite aux équipes de bénévoles qu'à relever les seaux et les vider de l'autre côte de la route.

L'occasion est donnée à tous de pouvoir participer chaque printemps à des opérations de sauvetage de ces batraciens.

 

Comment puis-je aider les chauves-souris chez moi ?

Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice de la protection des chauves-souris.

Agir au niveau des terrains de chasse

Le plus gros problème qui se pose aux chauves-souris aujourd'hui n’est pas de trouver un logement mais bien de trouver de la nourriture en quantité et qualité suffisantes. La pipistrelle, qui est l'espèce la plus courante, mange environ 3000 insectes/nuit ! Cela passe notamment par un jardinage plus écologique (pas de pesticides ni herbicides) respectueux de la faune sauvage et notamment des insectes dont se nourrissent les chauves-souris. D’autres mesures simples peuvent être appliquées : préserver ou recréer des mares et points d’eau, des haies indigènes, des zones non fauchées… au-dessus ou aux abords desquelles ces animaux se nourrissent.

Agir au niveau du gîte d'été

Il est possible de construire des nichoirs à chauves-souris, mais il faut savoir qu'ils sont en général très peu occupés.  En effet, dans les zones urbaines et les villages, les chauves-souris trouvent en général suffisamment d'endroits pour y gîter : sous-toiture, double mur ou grenier des maisons de particuliers, combles et clochers d'église, greniers des bâtiments publics...

On peut également leur laisser une petite place dans nos habitations : laisser un point d'entrée vers le grenier ou la sous-toiture (il suffit souvent d'enlever un peu d'isolant) ou en-dessous d'un bardage.

Agir au niveau des gîtes d'hiver

Les chauves-souris hibernent, càd que l’hiver venu, elles entrent en léthargie et ralentissent leur métabolisme. On les rencontre alors surtout dans les grottes et souterrains où les températures sont stables, entre 4 et 8 °C, et qui présentent une humidité abondante, proche de la saturation. C'est donc plus compliqué de créer ces conditions chez soi mais certaines caves humides et très calmes peuvent convenir à l’accueil des chauves-souris durant l’hiver. Mais attention, la quiétude est une condition absolue : des réveils trop fréquents (visite des caves…) risquent d’entraver l’hibernation des chauves-souris, les vouant à une mort certaine.

  • Voir aussi les actions pour aider les chauves-souris

En savoir plus :

  • Le site de Plecotus, Groupe de Travail "Chauves-Souris" de l'asbl Natagora 
  • Sur les traces des chauves-souris – Protégez les chauves-souris (deux brochures des CPN). Disponibles à la Boutique verte de Natagora.

J’ai des chauves-souris dans ma maison, que faire ?

Actuellement, une vingtaine d'espèces de chauves-souris a été recensée dans notre pays. Malheureusement, elles sont presque toutes menacées d'extinction. C'est pourquoi, dans les années '80, des mesures légales ont été prises pour les protéger. Il est, entre autre, interdit de perturber intentionnellement ces mammifères volants.

Les chauves-souris, essentiellement les pipistrelles, ne craignent pas les hommes et n'hésitent pas à élirent domicile dans les recoins inhabités des maisons (sous-toiture, grenier, etc.) durant la bonne saison. Ceci ne réjouit pas toujours le propriétaire qui, parfois apeuré et très souvent mal informé, pourrait avoir un comportement négatif, voir dangereux pour elles.

Avant tout, tordons le cou à de vieux bobards qui circulent sur les chauves-souris.

•  Les chauves-souris ne se jettent pas sur les humains et ne s'accrochent jamais dans les cheveux. Elles ne sont d'ailleurs pas aveugles, comme certains le prétendent parfois.
•  Elles ne rongent rien et ne détériorent aucunement les matériaux de construction.
•  Nos chauves-souris ne boivent pas de sang. Les vampires existent, oui, mais uniquement en Amérique centrale et latine. Alors au placard les histoires d'horreur peuplées de chauves-souris.
•  Vos chauves-souris ne vont pas proliférer car elles n'ont, en général, qu'un seul petit par an !
•  Les chauves-souris ne font pas de nid, elles n'amènent donc aucun matériau dans votre maison.

Les chauves-souris ne sont pas des monstres ! C'est souvent l'ignorance qui est à l'origine de la destruction d'une espèce animale. N'hésitez pas à rassurer les gens chez qui ces légendes sont encore trop bien ancrées.

Le saviez-vous ?

Une chauves-souris mange chaque nuit environ 3000 insectes. Faites le compte de moustiques éliminés sur une semaine grâce aux quelques chauves-souris que vous avez dans votre toiture et vous ne les regarderez plus du même œil !

Petits inconvénients, grandes solutions

Vous avez constaté que les chauves-souris signent leur présence de leurs excréments noirâtres. Le plus souvent, quelques coups de balai suffisent à régler le problème. Par contre, si les déjections sont relativement abondantes et que vous possédez des fleurs ou un potager, récupérez-les : c'est un engrais d'excellente qualité, riche en azote, parfaitement écologique et gratuit. Et n'oubliez pas que les chauves-souris vous débarrasseront des insectes friands de végétaux.

Il vous arrive également de voir vos murs et/ou vitres situés sous le point d'envol des chauves-souris parfois maculés de taches peu agréables. Pour y remédier, il vous suffit de placer une planchette à l'endroit où elles atterrissent et décollent afin d'éviter que leurs projectiles n'aillent s'écraser plus bas.

Si vous devez absolument déplacer une chauve-souris, sachez que ce sont des animaux sauvages qui peuvent mordre s'ils se sentent en danger. Il est donc préférable de porter des gants épais lorsque vous manipulez ces animaux.

« S .O.S. Chauves-souris » pour des conseils personnalisés

Plecotus, le groupe de travail « chauves-souris » de Natagora, a mis sur pied un programme d'information et d'aide aux personnes confrontées à des chauves-souris chez elles : le Réseau S.O.S. Chauves-souris. Dans le cadre de cette opération, les propriétaires confrontés à ce problème nous contactent par mail ou téléphone et nous essayons de trouver la solution la plus adéquate à leur problème. Lorsqu'une intervention téléphonique n'est pas suffisante pour régler le problème, l'un des membres de notre réseau peut se rendre directement sur place pour évaluer la situation et en cas de besoin, réaliser un aménagement.

Réseau « S.O.S. Chauves-Souris » : 0476/66.19.19 – plecotus(at)natagora.be

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour préserver la biodiversité des habitats naturels en Wallonie et à Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

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