Qu'est-ce que la biodiversité ?

Dans le mot biodiversité on trouve bio (« vie » en grec) et diversité. Il s’agit donc de la diversité du vivant, c'est-à-dire la diversité des espèces d’animaux, de plantes, de champignons… mais aussi la diversité de leurs gènes et donc des variantes au sein de ces espèces ainsi que la diversité de leurs « assemblages » (appelés écosystèmes).

À côté de ce sens premier, le mot biodiversité est souvent utilisé pour désigner l’ensemble des êtres vivants.

La biodiversité, ça sert à quoi ?

La biodiversité, à quoi ça sert ?

Les organismes vivants et les écosystèmes qu’ils composent nous fournissent l’entièreté de notre alimentation (à l’exception du sel et de l’eau), 40 % de nos médicaments, l'essentiel de nos combustibles, des matériaux divers (bois, coton, laine…). Ils sont aussi une source infinie d’admiration et d’inspiration et sont à ce titre essentiels à notre équilibre mental et au développement de nos idées et de nos inventions.

L’homme a longtemps pensé qu’il pouvait se contenter de la part de ces êtres vivants dont l’utilité était évidente. Il fallait donc bien sûr garder le hêtre et le chêne, pour leur bois, le saumon et le chevreuil, pour leur chair, le noisetier et le pommier, pour leurs fruits, le martin-pêcheur et les orchidées, parce qu’ils font rêver, les pigeons et le dromadaire, pour les transports… Les autres espèces, considérées comme nuisibles ou pas assez utiles, pouvaient être détruites pour faire place à celles à plus haut rendement.

Des services moins connus

Cette classification binaire (utile vs. nuisible) est beaucoup trop simple. Pour plusieurs raisons.

Primo, notre science n’appréhende (et n’appréhendera jamais) qu’une partie des interactions entre les espèces. Influer sur une espèce a priori inutile peut avoir des conséquences majeures sur d’autres (y compris la nôtre) dont on n’imaginait pas qu’elles puissent en dépendre. En outre, les êtres vivants jouent aussi un rôle fondamental sur des éléments non vivants qui nous sont indispensables : purification de l’air et de l'eau, régénération et aération des sols, régulation des cours d’eau et stabilisation du climat.

Secundo, ce qui n’a pas d’utilité aujourd’hui peut en avoir demain. Un exemple : il y a trente ans, l’éponge des Caraïbes (Cryptotethia cripta) n’était une espèce d’éponge parmi d’autres, dont on avait certes extrait une molécule nouvelle, l’AZT, mais sans réelle utilité. Depuis, cette molécule s’est avérée être un des principaux outils dans la lutte contre le virus du SIDA.

Mais la principale utilité à long terme de la biodiversité est surtout son rôle de stabilisateur vis-à-vis des perturbations. En cas de raréfaction ou disparition d’un chaînon au sein d’un écosystème, plus il y a d’espèces potentielles pour le remplacer, plus il y a de chances qu’un service offert par cet écosystème puisse perdurer.

Des expériences sur des parcelles cultivées ont ainsi montré qu’en cas de sécheresse, la productivité des parcelles les plus biodiversifiées se maintenait mieux[1]. En ces temps de réchauffement climatique, cette constatation n’est pas dénuée d’intérêt.

Des services gratuits !

Des scientifiques[2] ont estimé la valeur du cadeau qui nous est offert par la biodiversité : utiliser nos technologies pour produire ces services nous coûterait environ le double de l’argent qui circule dans le monde ! Un tel cadeau mérite bien un minimum d’attention…

Terminons en citant le Prince Charles d'Angleterre : « Il faut accepter l'idée que l'économie est une dérivée de la nature, et non l'inverse. La nature est le capital qui permet au système de fonctionner. »



[1] Biodiversity and stability in grasslands (Nature, vol 367, 27 january 1994).

[2] The value of the world’s ecosystem services and natural capital (Nature, vol 387, 15 may 1997).

De tout temps, des espèces ont disparu. Pourquoi s'en inquiéter aujourd'hui ?

Effectivement, de tout temps des espèces sont apparues pendant que d'autres disparaissent. La différence est qu'aujourd'hui le taux d’extinction des espèces est 100 à 1 000 fois plus élevé que le rythme qui prévalait avant l'ère industrielle... alors que le taux d'apparition n'a pas changé.

Pouvez-vous me donner des exemples de l'impact d'une disparition sur l'économie humaine ?

Le déclin très marqué des vautours en Inde est responsable de près de 50 000 morts humaines !

La disparition, ou l’apparition, d’une espèce d’un écosystème (communauté d’êtres vivants au sein d’un biotope) a toujours des conséquences sur celui-ci. Elles ne sont pas toujours aussi faciles à appréhender que l'exemple suivant.

Le vautour indien, abondant jusqu’au début des années 90, a connu ensuite une régression très rapide qui fait craindre à son extinction (perte de 99,9 % des effectifs). Cette espèce, présente en Inde partout où vit l’homme, lui offrait gratuitement les services d’ébouage. Les vautours se nourrissent en effet des cadavres de bétail dans les décharges, à proximité des abattoirs, voire en rue. Leur quasi-disparition a mené à un évident problème de salubrité, favorisant la multiplication des rats et des chiens errants, favorisant la diffusion de la rage…

Des chercheurs indiens(article) ont calculé que le déclin des vautours dans leur pays a ouvert la voie, entre 1992 et 2006, à 5,5 millions de chiens sauvages supplémentaires, responsables d'au moins 38 millions de morsures d'êtres humains, dont 47 300 ont entraîné la mort par transmission de la rage !

Dans le sens inverse, une apparition peut aussi avoir un effet dramatique. L’introduction du lapin en Australie, outre qu’elle a rapidement mené à l’extinction de plusieurs espèces de marsupiaux (par compétition), a eu un coût économique énorme : les agriculteurs se sont vus obligés de protéger leurs cultures par des barrières, à organiser des campagnes de destructions…

Comment se porte la biodiversité aujourd'hui ?

Tout au long de l'année 2010, année internationale de la biodiversité, des spécialistes ont fait l'effort de résumer en 4 pages l'état de santé de l'ensemble du vivant.

Ces articles analysent la situation mondiale puis locale, les causes de régression ou d'amélioration, les actions concrètes effectuées chez nous, notamment par Natagora, et proposent une action concrète que peut mener tout un chacun.

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour prserver la biodiversit des habitats naturels en Wallonie et Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !

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