Nous y voilà !
Quelques participants à la sortie
Voilà la cigogne blanche...
...Elle établit parfois ses quartiers dans des endroits insolites
Le moineau domestique profite de l'aubaine
On nous annonce un rapace à queue échancrée...
Il s'agit bien du Milan royal
Que sont ces innombrables floraisons de couleur rose ?
C'est la Pédiculaire des bois, qui est typique des prairies maigres de l'Ardenne

Echos de l'excursion transfrontalière de Cul-des-Sarts/Regniowelz du 29 avril 2012.

Tous les clichés sont de Michel Corroy

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Petite introduction

Cette première activité franco-belge a pour but de créer des liens entre les naturalistes habitant des deux côtés de la frontière sur le plateau ardennais de Rocroi. En, Belgique, la partie ardennaise fait partie du sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Cette région possède de nombreuses qualités naturelles bien mises en valeur dans sa partie « Fagne schisteuse » avec un réseau de réserves naturelles créé entre autres par le biais des projets Life « Râle des genêts »  et « papillons ». Elle abrite aussi l’étang de Virelles (R.N.), ceux de Roly, et le complexe des barrages de l’Eau d’Heure… Ces richesses naturelles sont bien mises en valeur aussi dans sa partie « Fagne calcaire » ou « Calestienne » ave,c un important réseau de réserves naturelles domaniales et privées, gérées via le Life Haute-Meuse « pelouses calcicoles ». Bien entendu, il reste beaucoup à faire dans ces deux régions, mais ce n’est pas comparable à la partie ardennaise qui est véritablement le parent pauvre de l’investissement naturaliste. C’est d’autant inquiétant que la nature y disparaît rapidement, essentiellement du fait de deux actions. La première est un développement urbanistique important dû à l’avantage du statut de transfrontalier, qui attire beaucoup de nouveaux habitants par rapport à l’activité économique réelle. La seconde est un changement radical des conditions de croissance de la végétation inféodée aux sols acides et pauvres en éléments nutritifs qui, à cause de multiples facteurs, aboutit à une eutrophisation des milieux.
Pour en savoir plus lire l’article dans Clin d’œil Nature N°7, pages 4-6, à compulser ou télécharger sur www.natagora.be/esm .

Il existe malgré tout des choses positives dans la partie ardennaise, mais il est grand temps (peut-être trop tard diront certains) de tenter de passer à la vitesse supérieure. Comme la nature est malgré tout mieux préservée du côté français, il nous semble important de développer des contacts entre naturalistes transfrontaliers afin d’échanger nos idées, connaissances, expériences en espérant lancer une dynamique positive. Une série de rencontres ayant pour objet la gélinotte se sont déroulées ce printemps, réunissant Jean Wiart de l’ONF, les agents de la DNF de Couvin et quelques naturalistes (Alain Sauvage pour le ReNard) s’impliquant dans la recherche de l’espèce (considérée comme disparue côté belge). D’où aussi, cette première activité qui devait être co-guidée par Thierry Dewitte du matin et Alain Sauvage l’après-midi.

Compte-rendu de notre activité

Nous voici au poste frontière de Cul-des-Sarts. C’est sous un ciel maussade mais qui laisse espérer une matinée sèche, qu’une douzaine de naturalistes se prépare à observer les oiseaux  printaniers. Réjouissons-nous :  deux jeunes couples français sont présents, l’un de Revin, l’autre de Rocroi. Un rouge-queue à front blanc chante du sommet de l’épicéa voisin, tandis que plusieurs couples de choucas s’affairent dans les cheminées, amenant de quoi construire leur nid. Nous suivons les balises d’un itinéraire pédestre, muni de panneaux informatifs sur l’histoire de la contrebande transfrontalière. Le poste de douane nous abritera pour le pique-nique du midi. Quelques chardonnerets se nourrissent dans les cônes de hauts cyprès, alors qu’un autre mâle de rouge-queue à front blanc chante d’un prunier en fin de floraison. Cette belle espèce paraît bien représentée cette année : nous en verrons encore d’autres plus loin. Une friche située en face de l’ancien lavoir nous retient un long moment, tant la fauvette grisette, la linotte mélodieuse et le pouillot fitis se laissent observer et écouter à loisirs. Un milan noir passe en vol aux battements d’ailes réguliers. Plein nord, bientôt deux buses variables se montrent également. Un fil de clôture supporte un mâle de tarier pâtre, alors qu’un rouge-queue noir en profite aussi pour rechercher quelques insectes parmi les herbes. Notre groupe se resserre car le vent ne cesse de se renforcer, et des nuages gris s’amoncellent. Deux mésanges à longue queue passent d’une aubépine à l’autre, un roitelet huppé chante du coin d’une maison, des hirondelles rustiques survolent le jardin, volant bien bas. On va vite savoir pourquoi car les premières gouttes tombent, puis c’est une pluie drue qui s’abat. Nous faisons demi-tour pour nous mettre à l’abri, tirant le repas du sac à l’heure de l’apéro, tant qu’à faire… Dommage, l’excursion s’annonçait vraiment bien, les oiseaux étaient en voix…

Il est midi et nous partons jusqu’au château d’eau d’Eteignières. Chouette, le ciel s’éclaircit, des nuages blancs et espaces bleus apparaissent ! Une cigogne blanche couve, pleine de patience. Un, puis deux, trois… jusqu’à sept milans noirs volent, s’élevant dans un courant d’air chaud ; certains mangent en vol, la nourriture tenue dans les serres. Nous estimons à une quarantaine d’oiseaux la population présente : c’est beaucoup ! Peut-être sont-ils bloqués-là à cause du mauvais temps de ces derniers jours ? Bientôt un, puis deux milans royaux se disputent, se posant au sol dans la prairie voisine. Quelques autres sont perchés sur les aubépines de la haie. Au total, c’est une dizaine d’exemplaires qui sont dénombrés : pas mal pour la fin avril ! Certains oiseaux profitent du temps de plus en plus favorable pour voler et passent parfois non loin de nous, pour le plus grand plaisir des photographes du groupe.

Mais nous devons encore nous rendre à la Croix Saint-Anne, bel exemple d’un milieu naturel bien typique du plateau, une « rièze ». Il s’agit d’une lande humide fort reboisée : ici, myrtilles, bruyères et callunes sont reconnaissables. C’est un peu trop tôt pour espérer d’autres fleurs, et de plus le site nous paraît assez dégradé : une gestion serait la , nous semble-t-il. Le vent est toujours aussi fort et au moins un pipit des arbres chante, perché, caché au cœur d’un chêne. Le pipit présente une parade « en parachute », s’élevant du haut d’un arbre, puis se laissant chuter les ailes entre-ouvertes. Afin de mieux l’observer, nous parcourons la prairie contigüe afin d’obtenir une vue plus dégagée. C’est alors que nous découvrons de jolies fleurs épanouies, couvrant plusieurs mètres carrés : il s’agit de la pédiculaire des bois, ce n’est pas courant ! Pas mal de touffes de feuilles tachetées de noir trahissent de futures orchis tachetés qui, en juin, égayeront la prairie de fauche. C’est donc un pré de haute valeur biologique qui vient d’être parcouru. On se demande si un tel milieu existe encore du côté belge…

Photographiant les fleurs, nous traînons et finalement cela permet d’enfin bien observer  le pipit des arbres, espèce liée aux landes arborées. Un milan noir passe non loin… comme en début de journée.

Plus tard, nous nous quittons, convaincus que la région abrite encore des trésors naturalistes. Ceux-ci restent encore à découvrir de l’autre côté de la frontière, et ils méritent que l’on s’y intéresse pour les préserver au mieux. Et donc il est convenu de se revoir ! Nous ne manquerons pas d’annoncer la prochaine activité.

Si vous êtes intéressés par notre démarche, n’hésitez pas à vous faire connaître par mail à l’adresse viroinvol(at)skynet.be .

Merci d’avance,

Thierry Dewitte.

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