Un jardin attractif pour les mammifères

Photo: R. Hendrick

Un grand amateur de limaces… le hérisson !

Le hérisson visite fréquemment nos parcs et jardins. Petit animal solitaire, on peut l’observer à la tombée de la nuit, lorsqu’il part à la recherche de sa nourriture. Il consomme un grand nombre de proies : coléoptères, perce-oreilles, mille-pattes, araignées, chenilles, limaces, escargots, vers de terre, et même à l’occasion, des grenouilles, des lézards, de jeunes rongeurs, des oisillons, des oeufs, des cadavres, des fruits et des champignons. Durant la journée, il se repose caché au milieu d'un tas de feuilles mortes, à l'abri d'un buisson ou dans le creux d'un vieux mur.

Même si le hérisson est encore commun en Belgique, un certain nombre de menaces pèsent sur lui. Les accidents lors de la traversée des routes constituent sans doute la première cause de mortalité. L’usage de pesticides et la disparition des haies et des bosquets jouent aussi en sa défaveur.

Le hérisson contribue à éliminer bon nombre d'animaux considérés comme nuisibles, ce qui en fait un précieux auxiliaire des jardiniers. Cependant, pas question d’adopter un hérisson : il s’agit d’une espèce protégée qu’il est donc interdit de capturer, de transporter, d’acheter ou de vendre. D’autant que, capturer un hérisson adulte, c’est risquer d’abandonner et de laisser mourir quelques orphelins ! De plus, le jardin qu’on lui offrirait risquerait fort de se révéler trop petit pour cet animal qui a besoin de plusieurs hectares pour subsister.

La seule possibilité est d’attendre sa venue en rendant son jardin accueillant:

 

  • En premier lieu, pensez à ménagez quelques ouvertures dans les clôtures ou les murs (un espace de 10 cm est suffisant) : ceci lui permettra de se déplacer entre plusieurs jardins;
  • Quelques haies et buissons, un tas de bois, un tas de feuilles mortes ou de foin seront appréciés. On peut également placer un abri artificiel constitué d’une caisse en bois remplie d'herbe sèche et placée à l'envers sous un buisson. L'abri doit être ombragé car le hérisson supporte mal la chaleur;
  • Pour éviter les noyades dans les mares et piscines, placez une planche rugueuse sur les bords afin qu’il puisse ressortir facilement;
  • Et renoncez à utiliser des produits chimiques car vous risqueriez d’empoisonner ce petit animal.

Un tout petit insectivore au long nez… la musaraigne !

Contrairement à ce que l’on peut penser lorsqu’on ne la connaît pas encore, la musaraigne n'est pas un rongeur mais un mammifère insectivore. Active jour et nuit, elle consomme avidement insectes, araignées, cloportes, limaces et quantité de larves indésirables… Elle est donc chère au jardinier soucieux de combattre certains nuisibles. Méfions-nous donc de sa vague ressemblance avec le mulot ou le campagnol, responsables de fréquentes déprédations au jardin. On la reconnaît pourtant aisément à son museau fin et pointu. Les deux espèces les plus commune dans les jardins sont les musaraignes musette et bicolore.

Pour la protéger au jardin, réservez-lui quelques zones de hautes herbes, des parterres de plantes vivaces et un tapis de feuilles mortes. Ne tondez pas la pelouse trop court pour lui permettre de se dissimuler au regard de ses nombreux ennemis, comme la chouette ou le chat.

Un petit insectivore vivant dans les profondeurs… la taupe !

Voilà bien un petit animal qu’aucun jardinier n’a envie d’attirer au jardin : en creusant ses galeries souterraines, la taupe dérange les semis, abîme les racines des plantes et ravage les pelouses de ses taupinières. Ses galeries sont parfois utilisées par un petit rongeur redoutable pour les racines des plantes : le Campagnol terrestre, encore appelé Ratte ou Rat taupier.
Et pourtant, la taupe est un animal bien utile : Elle mange quotidiennement son poids de nourriture en chassant des tas de petits insectes dont les vers blancs, les larves de tipules et de taupin.
Les pièges mécaniques, les bulbes d'Ail doré (Allium moly) ou de Fritillaire impériale (Fritillaria imperialis) ainsi que l’épandage de tourteau de ricin sont des manières écologiques de l’éloigner ou de l’éliminer. Sachez aussi qu’un sol riche, abondamment arrosé et profond limitera la quantité de galerie creusées, et donc, les dégâts que la taupe occasionne. Mais n’en faites pas trop, car à force d’être chassée, notre petite taupe ne risque-t-elle pas à son tour de devenir rare ? Trouvera-t-on bientôt ici un article sur les méthodes pour l’attirer au jardin ?

Un petit mammifère volant très recherché… la chauve-souris !

Visitez la page consacrée aux chauves-souris


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