Thier aux pourcets

Photo de la réserve naturelle Thier aux pourcets Signalitique réserve naturelle
2011
1.44
hectares

Thier aux pourcets

Agneaux, moutons, cochons... orchidées

Au cœur de Comblain-la-Tour, en face de l’Ourthe, un énorme massif rocheux jaillit du sol. Sur cette longue bande rocheuse abrupte qui s’étend perpendiculairement à la rivière, la réserve du Thier aux Pourcets dévoile ses merveilles botaniques.

Une bien étrange dénomination

Le « Thier aux Pourcets » était autrefois pâturé par les animaux des habitants de Comblain-la-Tour et de Lawé. Moutons, chèvres… et cochons devaient se rencontrer fréquemment sur cette butte. D’où son nom : « thier » signifie « versant de colline » en wallon et « pourcets » désigne les cochons. Ce petit massif rocheux est également appelée la « roche conique », à cause de la silhouette qu’elle offre depuis l’autre rive de l’Ourthe.

Bienvenue en Provence

La réserve est occupée par des pelouses calcicoles façonnées par des siècles de pâturage. Cette pratique a permis l’installation d’une végétation très particulière, adaptée aux conditions quasi méditerranéennes qui y règnent : chaleur, sécheresse et faible profondeur du sol. Milieux très rares en Wallonie, ces pelouses calcaires abritent une faune et une flore remarquables comptant de nombreuses espèces menacées. On retrouve ici de très belles orchidées mais aussi des espèces aromatiques telles que l’origan, le thym ou la sarriette. Il suffit d’un rayon de soleil et d’une brise légère pour réveiller leur parfum, et projeter le promeneur dans le Midi.

Une pelouse qui revient de loin

Au début du siècle dernier, l’agriculture délaisse cependant ce coteau abrupt à la végétation trop maigre et la forêt reprend possession des lieux. Les espèces typiques des pelouses calcaires disparaissent progressivement du site qu’elles ont habité durant des siècles. En 2011, le projet LIFE Hélianthème porté par Natagora entreprend sa restauration afin de permettre à ce cortège d’espèces de se redéployer. Puisqu’autrefois, les moutons pâturaient ces coteaux, quoi de plus naturel que de faire appel à eux pour éviter l’embroussaillement. Mais attention, il y a mouton et mouton ! C’est un mouton rustique, le « roux ardennais », qui est choisi puisqu’il se satisfait de la maigre végétation des lieux. Grâce à un travail mécanique ponctuel réalisé par les volontaires de Natagora, la végétation des pelouses calcaires recolonise peu à peu le site.